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Chronique de l’échec du « vivre-ensemble » au 19 mars 2017

Orly : Ziyed Ben Belgacem, multirécidiviste, voulait mourir pour Allah

 

L’homme abattu samedi matin à l’aéroport parisien après avoir agressé une militaire de Sentinelle, est un « Français » de papier d’origine tunisienne de 39 ans, connu pour des faits de droit commun et qui se serait radicalisé en prison. Lors de sa garde à vue le père a déclaré que « son fils n’a jamais été un terroriste».

Ziyed Ben Belgacem, déjà condamné pour plusieurs vols avec violence, s’est attaqué à cette patrouille en lançant : «Posez vos armes, je suis là pour mourir par Allah. De toutes façons il va y avoir des morts», a rapporté le procureur au cours d’une conférence de presse. Sur lui ont été retrouvés un Coran ainsi que 750 euros en liquide.

L’homme, né en février 1978 à Paris,  «était connu des services de renseignement», avait déclaré dans la journée Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense. Ces premiers méfaits remontent à juin 1997. Il participe avec deux complices à une série de braquages de banques et de bureaux de postes en Ile-de-France. C’est en janvier 1998, alors qu’ils tentaient de dévaliser la poste de Boisy-Saint-Léger (Val-de-Marne), qu’ils se font finalement arrêter. Ziyed Ben Belgacem est condamné à cinq ans de prison.

Une sanction qui ne lui servira pas de leçon puisqu’il récidivera plusieurs fois. Le procureur Molins a confirmé que son casier judiciaire comportait « neuf mentions» pour des faits de droit commun, notamment pour violences, outrages et vols. En 2009, la justice le condamne à deux reprises à trois et cinq de prison pour trafic de stupéfiants. C’est durant sa détention dans la maison d’arrêt d’Osny puis de Liancourt en 2011/2012, qu’il aurait été repéré comme radicalisé, selon le procureur. Il avait fait alors l’objet en 2015 d’une perquisition administrative dans le cadre de l’état d’urgence. Les recherches «n’avaient rien donné», c’est pourquoi il n’était pas fiché S [Sûreté de l’État] par la Direction générale de la sécurité intérieure. Il était néanmoins inscrit au fichier J des personnes recherchées par la police.

En mars 2016, avait été mis en examen par le tribunal de Paris après divers vols par effraction. Il avait bénéficié d’une libération conditionnelle en septembre 2016. Au moment de l’attaque d’Orly, Ziyed Ben Belgacem était sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire. Quand il n’était pas derrière les barreaux, l’assaillant de l’aéroport, qui grandi à Vitry, logeait dans un appartement situé dans le centre-ville de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Selon Le Parisien, il occupait également un emploi au rayon boucherie dans un supermarché hallal à Valenton. Les policiers ont perquisitionné son domicile et son lieu de travail. De la cocaïne a notamment été trouvée dans l’appartement, une machette ainsi que des devises étrangères.

Le procureur a décrit le «parcours violent et destructeur» de Ziyed Ben Belgacem ce samedi. Son père et son frère se sont présentés spontanément à la police qui les a placés en garde à vue. Selon le procureur, ils ont déclaré avoir été contactés par l’assaillant ce samedi matin à 07h16 (soit 20 minutes après avoir tiré sur un policier en Seine-Saint-Denis) qui leur a dit : «J’ai fait des bêtises, j’ai tiré sur des gens et on m’a tiré dessus». Un cousin de l’assaillant âgé de 35 ans, qu’il aurait vu la veille au soir dans un bar de Vitry, a aussi été placé en garde à vue.

La garde à vue du père a été levée ce dimanche matin, les deux autres membres de la famille sont toujours actuellement entendus par les enquêteurs. Lors de sa garde à vue le père a déclaré que «mon fils n’a jamais été un terroriste. Jamais il a fait la prière et il boit. Et sous l’effet de l’alcool et du cannabis, voilà où on arrive».

«Cet homme a procédé à trois passages à l’acte en 01h30», a dit François Molins, comme pour souligner la dangerosité de l’individu. Les éléments dont disposent pour l’heure les enquêteurs justifient la saisine de la section antiterroriste du parquet de Paris, selon le procureur. «Il n’est pas indifférent de choisir de s’attaquer à des militaires en patrouille de l’opération Sentinelle. On sait très bien que ça correspond à des mots d’ordre très largement diffusés dans le cadre des organisations terroristes djihadistes», a ajouté le procureur de Paris.

 

 

Mounir : Je ferai tout péter en sortant …/… un attentat comme Merah

 

L’expert psychiatre, qui l’a examiné en octobre dernier, à beau soutenir que Mounir ne souffre d’aucune pathologie, il n’est pas nécessaire d’avoir fait dix ans de médecine pour percevoir des failles dans le comportement agité et les propos décousus de ce garçon de 33 ans.

À l’époque, le « jeune » avait été condamné à dix-huit mois de prison ferme, pour avoir fait l’apologie d’actes de terrorisme et menacé de « mettre une bombe dans le tram ».

Cette peine a été confirmée par la cour d’appel le 28 février. Trois jours plus tard, Mounir interpellait verbalement les gardiens de la prison de Saran, auxquels il tenait des propos du même tonneau. « Mohamed Merah a eu raison de tout faire péter. C’est la faute de la justice qui n’a pas voulu me pardonner, malgré mes excuses. Je ferai tout péter en sortant. Je ferai un attentat comme Mohamed Merah?! », a promis Mounir avant de hurler à plusieurs reprises « Allah akbar?! »

Ce qui lui vaut de comparaître, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel.
Mounir n’a pratiquement pas de visite en prison. Sa sœur est décédée voici deux mois et il n’a pas été autorisé à se rendre aux obsèques. Autant d’éléments qui, selon son avocate, Me Najat Boukir, ont contribué à aggraver ses fragilités. Elle réclame une expertise que le tribunal lui refuse.

Les faits, le prévenu ne les reconnaît pas. « J’ai perdu le contrôle, je m’en veux », admet-il toutefois, avant d’abreuver le tribunal d’un discours délirant : « C’est dur, Madame. Venez voir ma chambre (en prison, ndlr.), j’ai même pas de chocolat. Heureusement, ils nous donnent à manger. En France, tout va bien. Ils ont des champions de handball. Mais il ne faut pas jouer dehors, il y a des militaires ».

Heureusement, comme l’a écrit l’expert psychiatre, le discernement de Mounir n’est ni altéré, ni aboli. Il est donc « accessible à une sanction pénale ». Comme celle que prononce le tribunal, à hauteur d’un an ferme, assortie d’un maintien en détention. 

 

 

Bondy : les habitants excédés par le camp de Rroms

 

La réunion s’est déroulée sur le trottoir, avenue de Rosny, à quelques dizaines de mètres seulement du campement où sont installées une quarantaine de familles Rroms. Vendredi en fin d’après-midi, Sylvine Thomassin, la maire (PS) de Bondy a rencontré les habitants de ce quartier pavillonnaire qui réclament depuis plusieurs semaines l’évacuation du bidonville qui pousse depuis le mois de janvier en face de chez eux, sous l’A86. « On n’en peut plus ! Les Rroms font du bruit, abandonnent leurs ordures sur le trottoir… Leurs voitures sont garées n’importe comment. Ils ont même agressé des résidents du quartier », ont accusé des riverains, implorant l’édile d’agir.

 « Je comprends votre agacement. Cela prend du temps, car le terrain appartient à l’Etat, mais les autorités vont intervenir », a tenté de pondérer l’élue, tandis que le ton des échanges s’envenimait. Le 22 février, Sylvine Thomassin a ainsi signé un arrêté municipal constatant le danger du campement et demandant le recours à la force publique pour évacuer le site. « Il y a des bombonnes de gaz sur le bidonville, les familles font des feux dont les fumées remontent sur l’autoroute et gênent les automobilistes », s’inquiète la maire, qui a annoncé aux riverains vendredi qu’une évacuation devrait avoir lieu sous huit jours. Le terrain devrait ensuite être grillagé pour empêcher les familles de revenir. « J’espère que la municipalité va tenir sa promesse, car si ça continue comme ça, on va voter FN dans le quartier aux présidentielles ! », ont prévenu plusieurs habitants.

L’édile partie, le ton est ensuite monté entre les riverains et les associations de l’anti-france qui interviennent dans le campement.

 

 

Ramzi D., Tunisien fiché S, égorge son frère puis son père à Paris

 

Ramzi D.  a égorgé son frère de 29 ans puis son père de 63 ans rue de Montreuil dans le 11e arrondissement de Paris vient d’être interné à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, connue sous le sigle I3P, située dans le 13e. Il n’a pas pour autant été déclaré irresponsable de ses actes. « Seules une évaluation approfondie ainsi qu’une décision de l’autorité judiciaire » pourraient le permettre, indique-t-on à la préfecture de police.

Ramzi D., un Tunisien originaire de la ville de Tataouine, est fiché S en raison de sa radicalisation. Les premiers témoins avaient déclaré avoir entendu Allahou Akbar, « une formulation qui, si elle a bien été prononcée et cela reste à déterminer, ne suffit pas à qualifier un acte criminel en « terroriste », précise une source judiciaire qui écarte toute « connotation terroriste ». En clair, les motifs de son acte, à ce stade de l’enquête, semblent internes à la famille. Aucune appartenance à une quelconque raison n’a pu être établie jusqu’à présent.

Vers 11 h 15, au 119 rue de Montreuil, tout près de la place de la Nation, l’auteur présumé, né à Paris, a porté plusieurs coups de couteau à la gorge de son frère cadet dans le hall de l’immeuble. Une dispute – peut-être liée au mode de vie supposé du cadet – serait à l’origine de l’assassinat. Il a ensuite frappé son père, de nationalité tunisienne, de trois coups de couteau, avant de l’égorger une fois à terre.

 

 

Un individu s’introduit dans un centre d’handicapés et crie Allah Akbar

 

L’homme suspecté de s’être introduit dans un établissement pour personnes handicapées et crié « Allah Akbar » à Flavigny-sur-Moselle près de Nancy vendredi matin est un lycéen âgé de 18 ans a appris LORACTU auprès de la gendarmerie de Meurthe-et-Moselle.

Vers 09H45, un homme « vêtu de noir » s’est introduit dans cet OHS qui accueille des personnes handicapées ou victimes de troubles du comportement et a semé la panique par son comportement. 

Un « membre du personnel encadrant » a vu ce jeune homme arriver dans l’établissement en criant « Dieu est grand » en arabe et a « tout de suite appelé les gendarmes » a-t-on appris. Rapidement perdu de vue après son intrusion, à l’arrivée des militaires l’individu avait disparu. « Par principe, nous avons mis en sécurité le personnel et les résidents de ce centre dans des zones spécifiques » afin d’effectuer des recherches à l’intérieur et autour du site, selon les gendarmes qui avaient mobilisé 30 hommes et un hélicoptère « en raison de la grandeur de l’établissement ».

Vers 11H30, le doute a été levé et l’individu n’a pas été retrouvé à l’intérieur de ce centre médico-éducatif qui a pu retrouver son activité normale.

L’individu a été interpellé vers 12H30 dans son lycée où il est scolarisé à Nancy « dans le calme », précise la gendarmerie de Meurthe-et-Moselle. Les motivations du jeune homme majeur sont encore inconnues à cette heure et les auditions débutent. Il a été placé en garde-à-vue pour « apologie du terrorisme », selon la gendarmerie qui précise que le lycéen était suivi pour des « troubles du comportement » dans ce même établissement de Flavigny. 

Il n’était pas armé et il revient à l’enquête de déterminer le contexte des faits qui ont beaucoup effrayé le personnel dans un « contexte particulier, au lendemain d’une fusillade dans un lycée de Grasse où un lycéen est impliqué » rappelle la gendarmerie.

A Flavigny, à quelques kilomètres au sud de Nancy, l’établissement de l’OHS est un institut médico-éducatif qui accueille en semi-internat et internat 200 « enfants et adolescents handicapés atteints de déficience intellectuelle ».

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