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Chronique des attaques contre la liberté de penser : révisionnisme, censure, internet et réseaux sociaux

Chronique des attaques contre la liberté de penser : révisionnisme, censure, internet et réseaux sociaux

Réaction d’Yvan Benedetti à la condamnation d’Alain Soral pour révisionnisme

 

« Soutien à Alain Soral condamné à 3 mois de prison ferme ! Il est grand temps de demander la dissolution de la 17e chambre correctionnelle, véritable guillotine judiciaire de la terreur cosmopolite! Et avec, la Licra et l’Uejf, chiens de garde du judaïsme politique; et SOS Racisme dont la chasse aux insoumis relève d’un fond de sale commerce! »

 

Alain Soral condamné à trois mois de prison ferme pour révisionnisme

Le polémiste français a été condamné, pour avoir publié sur le site internet Égalité et Réconciliation un dessin jugé révisionniste, qui parodiait une couverture de Charlie Hebdo.  Et pour la première fois il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris  à une peine de prison ferme, trois mois, pour contestation de crime contre l’humanité et injure raciale.

En avril 2016, le site de l’essayiste, Égalité et Réconciliation, avait publié un dessin représentant un journal fictif « Chutzpah Hebdo », sur lequel on voyait le visage de Charlie Chaplin devant l’étoile de David, avec dans une bulle « Shoah où t’es ? ». La caricature se voulait une référence à l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, auquel a été adjoint le terme hébreu chutzpah, qui signifie « insolence » ou « impertinence ».

     

Le tribunal a estimé que cette question traduisait le fait « qu’il serait légitime de s’interroger sur l’existence de la Shoah » et insinuait « chez le lecteur l’idée que la Shoah serait non une réalité indiscutable mais une fabrication de l’esprit ».

« Cette condamnation marque une nouvelle étape dans la détermination de la justice et des associations à empêcher cet idéologue de la haine de propager l’antisémitisme et le négationnisme sur internet et les réseaux sociaux », s’est réjoui dans un communiqué Sacha Ghozlan, président de l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), qui s’était portée partie civile.

Fin mars 2016, après les attentats de Bruxelles, Charlie Hebdo avait mis en Une un dessin du chanteur belge Stromae, entouré de morceaux de corps, se demander : « Papa où t’es ? »

Plusieurs fois condamné à des amendes ou des peines d’emprisonnement avec sursis, il s’agit de la première condamnation à de la prison ferme pour Alain Soral. On ignore encore s’il pourra ou non bénéficier d’un aménagement de peine.

Le tribunal a également ordonné la suppression du dessin et condamné le polémiste à verser des dommages et intérêts aux parties civiles, les associations rapaces qui veulent camoufler la vérité sous prétexte de lutte contre le racisme.

 

Messages haineux : le gouvernement allemand veut faire payer les réseaux sociaux

Infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 50 millions d’euros aux entreprises et sanctionner personnellement leurs responsables à hauteur de 5 millions d’euros : c’est la principale mesure du projet de loi de lutte contre les messages haineux sur les réseaux sociaux, présenté mardi 14 mars par le ministre de la justice allemand, Heiko Maas.

Le texte, l’un des plus sévères d’Europe, prévoit que les messages manifestement illicites (incitation à la haine, révisionnisme, etc.) devront être supprimés dans les vingt-quatre heures, et dans la semaine pour les contenus dont la légalité est discutable, sous peine d’amende. Les réseaux sociaux devront également faire en sorte que les contenus déjà supprimés ne soient pas republiés en ligne – un sujet au cœur d’un récent procès, en Allemagne, dans lequel le tribunal a finalement donné raison à Facebook après la plainte déposée par un réfugié syrien, victime de harcèlement en ligne.

Le projet de loi prévoit également que chaque entreprise proposant ses services sur le territoire allemand nomme un responsable de la modération identifié – qui sera donc en première ligne et risquera une amende à titre personnel en cas de manquements. Cette disposition, en apparence anecdotique, pourrait viser spécifiquement Twitter, qui a discrètement fermé ses bureaux berlinois en décembre 2016 (l’entreprise compte toujours un bureau actif à Hambourg).

Le message est très clair : « Nous devons accentuer la pression sur les réseaux sociaux », a prévenu M. Maas lors d’une conférence de presse. Le ministère avait lancé un ultimatum, qui a expiré début mars, aux plates-formes, sommées d’améliorer elles-mêmes leurs procédures de modération. Mais les efforts de certaines demeurent insuffisants, juge le ministre, notamment parce que « le plus gros problème est que les réseaux sociaux ne prennent pas les signalements de leurs utilisateurs au sérieux ».

Ni Facebook ni Twitter n’ont commenté l’annonce du projet de loi. Facebook a cependant affirmé qu’il renforçait ses équipes de modération en Allemagne, pour atteindre 700 personnes à la fin de l’année. L’entreprise assure également que ses propres tests internes montrent des taux de suppressions plus élevés que ceux recueillis par le ministère de la justice.

 

Sur Amazon et ailleurs, la diffusion des ouvrages révisionnistes est toujours en cours

Selon Stéphanie Courouble-Share, prétendue historienne présentée comme spécialiste du négationnisme, il suffit de quelques heures à surfer dans le département « livre » du site Amazon, pour constater que ce géant américain de la vente en ligne est infesté d’ouvrages révisionnistes. Selon elle leurs auteurs évoquent une « rumeur », celle de la Shoah, propagée par les historiens (juifs), les survivants, les Alliés et Israël. Tandis que le chiffre de six millions de Juifs morts est revu à la baisse, voire nié par ces auteurs, les chambres à gaz n’auraient pas existé, expliquent-ils, si ce n’est pour désinfecter les déportés dans les camps de concentration.

Sur une recherche de plus d’une vingtaine d’auteurs révisionnistes internationaux, disparus ou vivants, on trouve plus de 100 ouvrages et autres publications bousculant la « vérité shoatique officielle » vendus sur amazon.com. Cette boutique virtuelle constitue pour eux une vitrine, qui leur permet de véhiculer leurs recherches que la prétendue historienne qualifie d’antisémitisme et antisionisme. La compagnie américaine se défend, expliquant que la loi européenne lui interdit de vendre des ouvrages révisionnistes. Pourtant, les auteurs appartenant à ce courant de recherche de la vérité historique se retrouvent en nombre important sur les sites Amazon de tous les pays de l’Union.

Si l’on cherche, par exemple, le nom de Carlo Mattogno, révisionniste italien, on trouvera de nombreux ouvrages et articles répertoriés sur Amazon.com. Et le constat est le même sur amazon.it alors que le révisionnisme est aussi illégal en Italie, comme dans la plupart des pays européens.

Des appels au boycott du site se sont d’ores et déjà fait entendre. Est-ce vraiment la solution ? Faut-il interdire les ouvrages révisionnistes sur Amazon.com ? Alors que la loi européenne est claire, et devrait être respectée, le Premier Amendement aux États-Unis ne leur interdit pas de les publier, mais laisse le choix. Comme cela a été le cas avec le chercheur américain Bradley Smith qui, dans les années 1990, souhaitait publier dans des journaux des campus américains ; certains campus ont accepté au nom du Premier Amendement, alors qu’ils auraient pu tout aussi bien refuser.

Le PDG et vice-président de World Jewish Congress, Robert R. Singer, a soulevé la question la semaine dernière : « Ce n’est pas un problème du Premier Amendement. On ne peut pas légalement interdire à Amazon de vendre du matériel négationniste, mais il peut et devrait choisir de ne pas le faire. Les librairies ont longtemps refusé de diffuser certains articles, la pornographie étant un excellent exemple. Le déni de l’Holocauste n’est pas différent, juridiquement parlant, de la pornographie ».

A l’inverse de ce qu’affirme Robert R. Singer, des ouvrages pornographiques figurent bel et bien sur Amazon.com, mais signalés par la mention « Adultes ». Pour l’historienne, là serait peut-être une première avancée : notifier les ouvrages révisionnistes. L’accès aux ouvrages pourrait s’en trouver facilité, mais cela lèverait toute ambiguïté.

La semaine dernière, Robert Rozett, le directeur de la bibliothèque de Yad Vahsem, a envoyé un email au PDG d’Amazon, Jeff Bezos, lui demandant de supprimer les livres des sites. C’est une liste de ces livres négationnistes, envoyée il y a quelques jours à Amazon.com qui a déjà permis d’en supprimer quelques-uns. Résultat : des auteurs connus pour être des révisionnistes notoires, dont les titres des ouvrages ne laissent aucun doute sur leurs intentions, ont été retirés de la vente. Par exemple, Le mythe des 6 millions de David L. Hoggan, un historien américain, n’est plus sur Amazon.

Puis, y figuraient également des ouvrages plus récents, peu connus, et dont les titres ne permettent pas d’identifier les auteurs en tant que révisionnistes, mais qui distillent le doute sur la réalité de l’histoire des chambres à gaz et du génocide programmé. C’est le cas de Debating the Holocaust: A New Look At Both Sides (Débattre sur l’Holocauste: un nouveau regard sur les thèses en présence), de Thomas Dalton (Docteur). Depuis le 8 mars, Amazon.com a supprimé cet ouvrage.

On les retrouvait en plus grand nombre (une centaine environ) à la rubrique : « Holocaust Handbooks », mais depuis ce 8 mars, plus aucun auteur négationniste dans cette section.

Par contre, les ouvrages révisionnistes sont toujours recensés sous la catégorie: « History, World » (Monde, Histoire), ou encore « Litterature, Fiction » (Littérature, Fiction). Et ce, sans aucune distinction avec les ouvrages d’histoire sur la Shoah. Même constat sur le site français Amazon.fr, où les ouvrages du « célèbre » professeur français, Robert Faurisson, sont catégorisés dans la rubrique : « Livres, Histoire, Grandes Périodes de l’Histoire », alors que le révisionnisme est illégal en France.

Et ce n’est pas tout. Selon l’historienne, les révisionnistes utilisent le site à des fins encore plus pernicieuses : créer une page de commentaires pour tous les ouvrages traitant de l’Holocauste, « Holocaust History channel ». Ainsi, ils peuvent écrire des appréciations sur les livres, faisant l’éloge des ouvrages négationnistes et dénigrant ceux des historiens.

Les livres révisionnistes sur Amazon ne sont que la partie visible de l’iceberg. Il existe d’autres sites, comme iBookstore, et d’autres points de vente, comme la grande librairie américaine Barnes & Nobles, où l’on peut se procurer quelques livres. Sans oublier des sites comme Archive.org, utilisé pour diffuser livres et vidéos. Ou encore, les bibliothèques universitaires américaines. Par exemple, dans la bibliothèque du département d’histoire de l’université de Columbia, les auteurs révisionnistes sont placés sur les mêmes étagères que les ouvrages d’historiens, sans différence de classification permettant de les séparer géographiquement et d’avertir le lecteur.

Ce problème de catégorisation se retrouve également dans la bibliothèque du Congrès, à Washington. Au sein de cette bibliothèque fédérale la plus vaste du monde, certains auteurs révisionnistes ne sont pas qualifiés comme tels. L’œuvre de l’allemand, T. Christophersen, est répertoriée dans les bibliothèques américaines non pas sous le terme de « négationnisme », mais par les mots-clés « récits personnels, Allemand, Holocauste, Juifs (1939-1945) », et ce, parce que l’auteur était un technicien SS affecté au travail du caoutchouc au camp d’Auschwitz de janvier à décembre 1944, alors qu’il a aussi été un activiste néonazi après la guerre.

Et bien sûr en conclusion pour cette « historienne » qui hait la vérité et peut-être encore plus la recherche de la vérité, pourtant leitmotiv principal de tout chercheur en histoire, beaucoup de travail encore pour censurer, épurer, expurger, expulser des livres de leurs rayonnages…

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