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Henri Fenet 11 juin 1919 – 14 septembre 2002

Henri-Joseph Fenet est né le 11 juin 1919, à Ceyzériat.

Il abandonne ses études (il est alors étudiant en Khâgne à l’université Henri IV de Paris) pour entrer dans l’armée, quand la guerre éclate, en septembre 1939.  Il suit sa formation militaire à l’école de Saint-Maixent, d’où il sort lieutenant.  Affecté à un régiment d’infanterie colonial, Fenet participe aux combats de mai-juin 1940  à la batterie divisionnaire antichar de la 3° DIC.  Deux fois blessé, il est décoré de la Croix de guerre. Il envisage de partir pour Londres, durant l’été 1940, mais préfère choisir le côté de la légalité.

Fenet est accepté dans l’armée d’armistice, et stationne en Mauritanie jusqu’à l’automne 1942.  Il rentre en France juste avant le débarquement américain en Afrique du nord.  Il est donc logiquement démobilisé suite à la dissolution de l’armée d’armistice.

Fenet n’est alors pas du tout attiré par un engagement dans la LVF,  jugeant ses défauts identiques à la vieille armée française, l’uniforme allemand en prime.   Il retourne dans sa région natale de l’Ain, où il intègre le SOL,  puis la Milice Française, dont il devient le chef départemental pour l’Ain.

Le 18 octobre 1943, il fait partie des chefs miliciens qui s’engagent dans la Waflèn-SS.   Il sort Untersturmführer de l’école des officiers SS de Bad Tölz,  dont il suit la formation, du 10 janvier au 4 mars 1944.   Il est promu un mois plus tard au grade supérieur.

Il est fait chef de la 3ème compagnie du  1er bataillon de la 8.Franzôsische-SS-Freiwilligen-Slurmbrigade.   Cette compagnie est la première engagée au combat en Galicie, en août 1944.   Fenet combat jusqu’au bout de la campagne, il est blessé le 22 août, et évacué.  Il retrouve Pierre Cance dans un hôpital de Haute- Bavière.   C’est là qu’il apprend être proposé pour la Croix de fer 1ere classe, pour sa conduite en Galicie.

A la mi-octobre 1944, après une brève visite à Ulm pour discuter  avec Joseph Damand de l’intégration des miliciens  dans la « Charlemagne », il retourne à Schwarnegast.    Durant son absence, il a été nommé commandeur du 1r bataillon du Waffen-Grenadier-Regiment der SS 57. Du 3 janvier au 10 février 1945, Fenet suit un stage à l’école de la Heer de Hirschberg, dans le Mecklembourg, afin de recevoir une formation de chef de bataillon.

Il part en Poméranie à la tête de son bataillon, où celui-ci combat durement dès le 24 février 1945, avant de décrocher dans la nuit vers Bärenwalde.    Après deux jours de combats, il décide d’essayer de rejoindre des éléments du 1er bataillon du régiment 58, puis il dirige son bataillon sur Hammerstein, qu’il atteint le 26 février, vers 21 heures, non sans avoir essuyé des pertes humaines et matérielles importantes.

Lors de la retraite sur Belgard, Émile Raybaud lui confie la direction du 1er bataillon  du régiment de marche. Fenet et ses hommes réussissent à sortir de l’encerclement soviétique.  Il est pour cela décoré de la Croix de fer 1ere classe par Gustav Krukenberg, et notons qu’il a été promu Hauptsturmfiihrer quelques jours après le début   des combats en Poméranie .

Fenet organise son bataillon en quatre compagnie de marche pour se diriger vers le nord, longer la côte, et ainsi évacuer par mer au port de Horst. Ils se mettent en route  dans la nuit du 6 au 7 mars 1945.   Le 11 mars 1945, Fenet divise son bataillon en deux parties, avec lui comme chef  du premier groupe pour effectuer la percée, le deuxième sous les ordres de Robert Roy
pour escorter les civils (environ dix mille). Après de violents combats,  c’est presque par miracle qu’ils arrivent à effectuer une percée et rejoindre  des lignes allemandes, le 12 mars 1945, vers 15 heures.  Le bataillon est acheminé à Swinemünde, puis part retrouver d’autres troupes de la Charlemagne à Jargelin, le 16 mars 1945.

Le 24 mars 1945, les troupes sont dirigées sur Neustrelitz, et postées aux alentours.  Les unités françaises amaigries sont réorganisées, le bataillon SS 57 revient à Fenet.   L’entrainement et la construction de tranchées anti-chars occupent les jours qui viennent.

Fenet est volontaire pour commander les soldats qui veulent continuer le combat à Berlin  (le SS-Sturmbataillon).  Sur les quatre cent hommes partis de Neustrelitz, trois cent vingt à trois cent trente  arrivent à Berlin, juste avant l’encerclement total de la ville.
Fenet est blessé au pied au début des combats, mais il s’efforce de tenir son rôle  pour superviser les opérations, malgré son handicap qui fait qu’il ne peut guère marcher.   Il sera proposé pour la Ritterkreuz le 29 avril 1945, mais ne la reçoit pas en main propre. Fenet ne l’apprit d’ailleurs que longtemps après la guerre.

Fenet est capturé dans le métro de Berlin, le 2 mai 1945, alors qu’il tentait  avec quelques camarades de s’échapper de Berlin.  Six semaines durant, il est interné dans divers camps de prisonniers, en région berlinoise.  Il est soigné puis libéré par les soviétiques, qui lui fournissent même des habits civils.  Il se joint à un groupe de rapatriés français, au sud de Berlin.

Arrêté à Valenciennes, dénoncé par son propre tatouage de groupe sanguin sous l’aisselle,   il est condamné à vingt ans de travaux forcés, et détenu successivement dans plusieurs prisons : Riom, Caen puis Fontevraud. Il est finalement libéré en décembre 1949.

Il passe la majeure partie de sa vie professionnelle comme chef d’une entreprise qu’il a fondé en 1952, en accessoires automobiles, jusqu’à sa retraite.

Atteint de la maladie d’Alzheimer,  il est décède  le 14 septembre 2002, à Paris.

Ces cendres reposent au cimetière de son village natal, à côté de celles de son frère Jean, mort pour la France le 8 mai 1940.

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Jacques Lacroix

Commentaires (6)

  1. Rochet dit :

    Repose en paix Camarade. Grace à tes combats dans la vieille Chrétienté, en Poméranie et à Berlin, tu as contribué à retarder un peu le désordre politique et social que l’on déplore aujourd’hui en France. Ton honneur fut ta fidélité !

  2. Saint-Plaix dit :

    Je me suis toujours posé des questions sur l’origine de cette photo.
    Lorsque j’ai eu le grand honneur de rencontrer Fenet, « le seul chevalier français de la Croix de Fer encore vivant », une légende, il était déjà atteint par la maladie, et je n’allais certainement pas lui parler de cela.
    Mais si ici quelqu’un peut m’expliquer, je lui en serais très reconnaissant: il ne s’agit bien évidemment pas de mettre quoi que cela soit en doute, mais juste de comprendre une apparente impossibilité chronologique.
    Fenet se voit décerné la croix de chevalier, brevet signé le 29 mars 1945. Compte tenu du contexte et de la reddition de Stadtmitte le 2 mai, on ne la lui remit jamais – et il ne le sut effectivement que près de vingt années plus tard, à la suite du dépouillement d’ archives militaires allemandes, comme me l’avait confirmé Jean Mabire.
    Si cette attribution de la croix de chevalier est évidemment indiscutable, il est tout aussi évident que Fenet, à qui on ne l’a donc jamais « remise », l’ignorait et qu’il n’a jamais pu la porter à l’époque, en particulier sur son uniforme de Hauptsturmführer!
    Alors d’où sort cette photo??? Commenta-t-elle pu être prise?
    C’est un montage ou une pose ultérieure prise pour ses amis?

    • Italo Vernazza dit :

      Cher Saint-Plaix (amusant pseudo),
      J’ai moi-même connu Henri Fenet – et par lui Abel Chapy et Pierre Rostaing… pour Henri Kress (ou Krei? Je ne suis plus très sûr du patronyme exact du « Kreutzer » de Mabire) c’était hélas déjà trop tard.
      Au moment où vous l’avez rencontré HF n’était peut-être pas encore « le seul chevalier français de la Croix de Fer encore vivant » puisque que nous savons depuis quelques années que l’Oscha François Apollot avait survécu aux combats de Berlin.
      La photographie qui vous intéresse est un montage évident, sans doute basé sur le célèbre cliché de presse où l’on voit le futur Junker, sur le quai de la Gare de l’Est, prêt à partir pour Bad-Tölz avec de Tissot et quelques autres, et sur lequel figure également le journaliste Henry Charbonneau (le « Porthos » de la Phalange Africaine). De tels photomontages ne sont pas une rareté (en particulier pour les Allemands et ceux qui choisirent de se ranger à leurs côtés au cours du dernier équarrissage mondial); ils étaient la plupart du temps produits à titre posthume pour les familles de Ritterkreuzträger qui bien souvent périssaient au moment où ils accomplissaient les faits d’armes qui leur faisait mériter cette très haute décoration mais aussi également avant qu’elle leur eut été confirmée par l’OKW.
      Dans cette logique, il n’est pas rare non plus de voir des photographies sur lesquelles les insignes de grades ont été ajustés à des promotions subséquentes. Un cas typique est une photo de Mohnke avec sa RK et des parements de col “ajustés” à son dernier grade de Brigadeführer. Mohnke fut du reste, le dernier responsable de la défense du secteur du Führerbunker où – ironie du sort – il avait servi en tant que sentinelle à la nouvelle Chancellerie affecté à la protection d’Adolf Hitler au moment de l’accession au pouvoir de ce dernier.
      Si l’envie de vous documenter plus avant venait à vous gagner, je vous recommande l’ouvrage très complet (tant en textes qu’en iconographie et documents exceptionnels) en sa version française sur l’épopée de la Leibstandarte paru aux Éditions de l’Homme Libre
      Les derniers combattants d’Allemagne n’avaient guère le loisir de poser rasés de frais en tenue de parade… ni même souvent de recevoir matériellement les décorations qui leur avaient été décernées. Le dernier commandant du 1. Bataillon de la “Charlemagne” m’a du reste confirmé qu’il était en Tarnjacke sur une tenue de combat en lambeaux aux ultimes combats de Berlin. Il me paraît improbable qu’il soit tombé changé de frais aux mains des Russes!
      Que sous les bombes des “libérateurs” et face aux chenilles des T-34 et des JS-I des Soviétiques la plupart des documents officiels de telles attributions de décorations aient été dûment remplis jusqu’au dernier jour relève déjà du prodige.
      Pour en revenir à HF; c’était un homme droit. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait été aussi un officier de premier ordre. Ce fut un plaisir de le voir accepter une invitation à dîner alors que je n’étais qu’un jeune lieutenant d’une armée étrangère soucieux de recueillir des témoignages directs pour me préparer à recevoir ceux dont “on” (et aussi la quasi-totalité de nos supérieurs) nous disait alors qu’ils étaient notre seul ennemi. C’était il y a quatre décennies.
      Avec le temps, l’expérience et les expériences je constate qu’il existait un ennemi autrement plus redoutable, sans les moindres états d’âme, dont la brutalité évidente et la barbarie bien réelle ne sont désormais plus à démontrer. Quelques Chefs d’État d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, pas si déméritants qu’“on” s’acharne à vouloir nous le faire accroire à grands renforts d’inférences et de désinformation médiatiques, ont payé ou paient encore le prix fort pour savoir à quoi s’en tenir.
      Cet ennemi sans scrupule a pour particularité de tout faire pour que cela soit leurs victimes qui endossent la responsabilité du déclenchement des guerres qu’il a VOULU et planifiées de longue date… et ceci depuis l’accession à l’indépendance de ce grand “missionnaire” devant l’Éternel. Lequel, sous l’alibi d’épandre de la démocrassie, est en fait le principal exportateur de tout ce qui contribue à semer le chaos depuis au moins trois siècles sur notre petite planète.

      • le meur michel dit :

        tient moi aussi le l’ai connu à paris aux invalides ou nous avions diné avec un ami qui m’avais présenté,monsieur henri fenet,j’en tremblé d’émotion

  3. Saint-Plaix dit :

    Merci infiniment, cher Italo Vernazza, de ces précisions très documentées qui rejoignent et confirment mes suppositions et me donnent enfin l’explication que j’attendais…
    Par ailleurs, ce qui ne vous étonnera pas, j’adhère totalement aux propos de votre dernier paragraphe. J’ajouterai que pour exercer son action destructrice, le « grand missionnaire » évoqué, historiquement, n’a pas eu besoin d’accession à l’indépendance pour se manifester, mais c’est une autre histoire.
    Je note au passage que vous écrivez « démocrassie » avec 2 « s » comme dans « crasse », orthographe que j’avais commencer à répandre dans le Libre Journal de Serge de Beketch il y a bientôt près de vingt ans…Mais je n’étais donc pas le seul à y avoir pensé!
    Avec mes cordiales salutations.

  4. Richard Guerre dit :

    Traitre à la patrie … comme si la bravoure hypothétique, d’un moment, d’une jeunesse pouvait effacer le crime suprême de trahir la FRANCE et son drapeau. Certains d’entre eux ont eu plus de classe en allant mourir en Indochine, prouvant ainsi, eux, un courage certain.
    Comment pouvez-vous porter au pinacle une existence aussi minable de celui qui n’a pu vivre que de la clémence de ses vainqueurs, pour ne devenir qu’un vendeur de pièces automobiles ? Votre petitesse sans doute que confirme l’étroitesse de votre vision du monde… Enfin les rouges en ont buté davantage qu’il n’y a eu de survivants, c’est déjà cela …
    Dans l’attente de vous retrouver les armes à la main pour vous buter la gueule.

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