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Une vue optimiste nécessaire (vidéo)

Une vue optimiste nécessaire. Par Pierre Dortiguier

 

Dans une vidéo anglaise excellente dont je conseille de prendre connaissance, sur « le viol de l’Allemagne » [visible ci-dessous] (« the rape of Germany ») en 1945, est cité, vers la fin, à 27’41’’ un long passage du philosophe né la même année que Beethoven, son compatriote  Hegel, sur la nécessaire Providence, justement nommée divine, qui  exclut de la scène historique les peuples usant de mensonges pour assumer leur existence. C’est une proposition générale, qui sert de miroir à chacun, pourvu qu’il n’ait point la conscience embuée.

Cette citation vient au terme d’une démonstration non pas abstraite, mais visuelle -et dans démontrer il y a, en effet, l’acte de montrer, en l’occurrence,  des photographies  de femmes et filles de tout âge violentées et d’enfants  fuyant l’Arme Rouge, de maltraitement et  autres horreurs dont il est peu ou pas  parlé dans ces cours d’histoire contemporains ressemblant à de l’instruction civique !

L’auteur remarque que les livres d’histoire qui en parlent le plus, en littérature anglo-américaine y consacrent un paragraphe, sans chercher à approfondir.

L’épidémie de maladies vénériennes et la quantité impressionnante de suicides de filles et de femmes nous sont présentées. Le lecteur découvre que les camps de maltraitement ont duré de 1945 à  octobre 49, quand le pays a eu enfin un gouvernement  à l’Ouest, bientôt suivi de sa caricature à l’Est, tous les autres territoires  étant occupés et annexés administrativement par le Russes et les Polonais, comme on fit de la Palestine.

Nous n’engageons point là de polémique, comme, au reste, la loi écrite nous y presse chaque jour davantage : en effet, d’un côté l’on « déradicalise » dans des établissements qui reconnaissent, au reste, leur échec depuis trois ans, et de l’autre, l’on radicalise les esprits, et M. Fillon en demande encore plus,  en oubliant cette recommandation qui est dans la pièce de Sophocle, Antigone : qu’il y a des lois écrites et nécessaires à l’ordre public, d’autant plus sévères que l’État se trouve en porte à faux ou repose sur une base incertaine , mais  de l’autre « une loi non écrite », comme le dit la jeune Antigone voulant, contre l’arbitraire civique,  inhumer son frère appartenant au parti opposé à celui de Créon, le tyran du jour.

Ce n’est pas seulement une opposition du sentiment à la raison d’État, ou celle d’une femme émotive se heurtant à une virilité aveugle.

Il s’agit de se demander si  d’un point de vu élevé, dans l’optique d’une Providence que la conscience morale juge  nécessaire, sous peine de plonger et de demeurer dans le chaos, ce que nous prétendons être ou avoir été est vrai ou non. Or la marche de la nature, comme de la santé est la vérité ; tout ce qui va contre une diététique raisonnable entraîne maladie, corruption et souffrances. Et la Vérité est totale, entière et non pas parcellaire, de même qu’un témoin jure de dire « toute la vérité » pour être recevable

La jeunesse allemande, par exemple,  est tenue généralement  à l’écart de ses philosophes classiques par une gauche hystérique et une droite servile,  et de la réalité historique pleinement vécue par ses aïeux, car  l’occupation non seulement militaire mais aussi et surtout intellectuelle pendant une génération, avec le renouveau après guerre de la dégradante « École de Francfort » et autres institutions, a, par des moyens d’une discipline efficace, retourné contre l’intérêt du peuple l’autorité qui devait le conserver, et en fait le détruit jusqu’à vouloir se dissoudre comme entité proprement allemande.

Dans une lettre que j’ai lu à la bibliothèque universitaire de Munich, en consultant l’œuvre entière de Heidegger (1889-1976), ce dernier répond à son ancien élève à la solde de la C.I.A., formateur des agités de notre mai 68,  Herbert Marcuse qui voulait qu’il confesse sa culpabilité allemande : « Vous me demander d’avouer ma culpabilité pour des faits que je suis censé avoir ignorés et vous ne dites rien de ces conditions faites aux réfugiés qui meurent assassinés sur les routes au vu et au su de tous ».  Je cite de mémoire.

Si l’on ne peut parler de la guerre, parlons de l’après guerre ou de sa continuation !

Ce qui est arrivé au centre de l’Europe, son déracinement, touche maintenant, sous une forme moins violente mais aux conséquences identiques, sa périphérie. Il y a un moment où l’on paie l’addition, pour le dire vulgairement. La volonté de ne plus voir le passé tel qu’il a été, dans son ensemble, conduit aux aberrations du jour : et ce n’est point au lecteur que nous refuserons la capacité d’en faire l’addition.

Nous effleurons ici la grande philosophie et la conclusion à retenir, comme une provision de marche, doit être cette formule de Hegel, de ce Beethoven de la pensée moderne, que « le vrai, c’est le tout » ; l’on a crié au totalitarisme, mais le mal ignore la totalité, il séduit par la partialité et préfère l’ombre au soleil. L’autre idée, qui sert de base, est celle-ci : tout ce qui existe a des conditions de possibilité. D’où vient que notre Europe et le monde stagnent à tout le moins dans un marasme rendant illusoire l’idée d’un progrès moral, d’un ordre proche de celui de la régularité naturelle ? C’est que nous n’avons pas rassemblé tous les faits, tous les moyens qui permettent de le comprendre et d’agir dans le sens – pour reprendre une formule poétique de l’écrivain souabe allemand Frédéric de Schiller (1759-1805) ancien élève de l’école militaire et initié à la médecine, professeur d’histoire de son état – d’une « une belle totalité ».

Pierre Dortiguier

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Pierre Olivier

Commentaires (2)

  1. tampico dit :

    C’est en tant que président d’Agora 21 que Jean-Pierre Weisselberg a inauguré la place de la laïcité : 400 collégiens, lycéens et enseignants étaient au garde a vous pour la plantation d’un arbre.
    http://www.education.gouv.fr/cid106040/-il-faut-que-la-reflexion-sur-les-valeurs-de-la-republique-commence-a-l-ecole.html
    http://www.lesdebatsdeagora21.fr/

    Allen Weisselberg lui est, avec Jason Greenblatt et Michael Cohen, un des plus proches confidents de Trump.
    http://forward.com/fast-forward/359715/low-key-wallpaper-jewish-exec-catapults-to-top-of-trump-organization/

    Pendant trois jours (et 3 nuits) en foret de Chantilly, Michel Levy-Provencal « met en relation des personnes ayant des valeurs d’optimisme, de curiosité et d’ouverture au monde »…
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0211875118745-le-futur-a-la-campagne-2072119.php

  2. Souccar dit :

    Monsieur Olivier j’envie votre style. Je ne peux que désapprouver cette censure rampante.
    Si des ouvrages sont interdits nous les lirons ailleurs.
    Merci pour cette chronique.

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