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Le 20 novembre 1936 ou l’assassinat de l’espérance espagnole

Le fondateur de la Phalange José Antonio Primo de Rivera fut jugé en novembre 1936 pour sa participation à l’insurrection de juillet 1936 contre la dictature instaurée par les marxistes en Espagne. Une accusation inique puisque depuis plusieurs mois José Antonio était incarcéré et détenu dans les geôles des républicains. Après un rapide procès et une condamnation à la peine de mort par un jury composé d’activistes politiques d’extrême gauche, José-Antonio Primo de Rivera fut condamné à mort le 18 novembre, et assassiné le 20 novembre 1936.

Avec sa mort, le destin de l’Espagne était changé, et avec lui peut-être celui de toute l’Europe : l’insurrection ne pouvait désormais plus conduire à l’instauration d’un régime nationaliste radical ; le mouvement révolutionnaire tombait entre les mains d’officiers peu politisés et marqués par des sympathies libérales et conservatrices.

En hommage à ce héros nationaliste, nous publions ci-dessous quelques extraits de sa plaidoirie, tirés de l’ouvrage Face à Face, édité par les Éditions L’Homme libre.

Nous sommes syndicalistes, nous n’adhérions qu’à des partis syndicalistes. Nous associons au caractère syndicaliste le caractère national, ce qui nous permet de proposer une troisième voie entre deux valeurs qui déchirent en deux la jeunesse d’Espagne. Toute la jeunesse d’Espagne, toutes les classes dynamique d’Espagne sont divisées en deux camps acharnés. c’est de cette situation qui découle le fait que de temps en temps on s’entre-tue comme des bêtes féroces. Car certains aspirent à un nouvel ordre social plus juste et oublient par là même qu’ils forment avec le reste de leurs concitoyens une unité de destin et d’autres célèbrent et agitent le drapeau de la nation et oublient ainsi qu’il y a dans ce pays des millions de personnes affamées que ne suffit pas à nourrir le drapeau de la patrie. Je ne rappelle pas ce point parce que je comparais aujourd’hui. Je le soutiens depuis 1923 sans relâche et cela est attesté par ma déclaration dans laquelle on peut lire mes considérations sur l’économie, le travail, la lutte des classes, la terre… En voulez-vous un exemple improvisé immédiatement ? Tous les Espagnols qui ne sont pas impotents ont le devoir de travailler. L’État national-syndicaliste n’aura pas la moindre considération envers celui qui ne remplira pas une fonction quelconque et aspirera au contraire à vivre du travail des autres. Point numéro 166. Voilà pour les « authentiques fils à papa » et voilà ce que la Phalange espagnole déclare à propos des fils à papa.

La majorité d’entre vous qui formez ce jury appartient à des partis politiques actifs. Vous avez subi des pertes dans vos rangs et vous avez pu constater que certains de vos camarades en infligeaient dans les rangs d’autres partis. Mais il n’y a qu’une seule chose parfaitement indécente dans cette lutte politique, c’est que soient utilisés les services de tueurs professionnels. À cet instant critique et solennel, je vous l’affirme, la Phalange espagnole ne l’a jamais fait. Vous qui êtes habitués à la lutte, vous savez que le tueur professionnel ne sert à rien car il n’y a personne qui soit prêt à jouer sa vie pour deux sous. Si quelqu’un risque sa vie gratuitement, s’il est prêt à tout perdre pour rien, c’est qu’il porte en lui un Idéal. Vos militants et les nôtres ont chacun ressenti l’ardeur de leurs idéaux et ils se sont entre-tués.

Voilà quelle a été la vie de la Phalange espagnole. Des morts d’un côté comme de l’autre. Mais nous ne sommes pas ici pour régler les dettes de sang avec du papier timbré. Pourvu que nous arrêtions de nous entre-tuer.

La Phalange est une et indivisible, à la fois milice et parti. Son courage combattant est inséparable de sa foi politique. Chaque militant de la Phalange est prêt à donner sa vie pour elle, pour l’Espagne qu’elle veut, mais pas pour autre chose. L’ambitieux n’a pas de scrupules. Il jouera des coudes pour s’imposer dans son organisation. Il trahira et tentera d’éclipser ses propres chefs. Il prendra langue avec ceux dont il pense qu’ils peuvent lui servir. Et il cultivera sans réserve l’adulation. Mais je vous l’affirme, bientôt l’ambition deviendra inutile. Bien que l’ambitieux finisse toujours par triompher, son triomphe ne lui servira à rien. Car la Phalange, avec ce qu’elle a d’impétuosité juvénile, d’âpreté intellectuelle et de courage militant tournera le dos à toutes ces magouilles. Nous verrons alors qui conduit ces fascistes d’opérette. Pour voir passer leurs cadavres, nous n’aurons qu’à nous asseoir sur le pas de notre porte, sous les étoiles.

Peut-être qu’une révolution nationale-syndicaliste aurait éclaté à court terme et que j’aurais été à sa tête, mais sans mon isolement et mon incarcération il ne serait pas arrivé ce qui se passe actuellement. La mort de Calvo Sotelo fut soudaine et inattendue et l’événement fut proprement incroyable. Le trouble s’installa. Des régiments sortirent dans la rue et les jeunes militants de la Phalange, valeureux, courageux, mais sans expérience politique s’y associèrent parfois. Mais parfois non également. Je ne sais rien de ce qui s’est passé. Je ne sais vraiment rien et j’aimerai savoir. Je donnerais bien deux ou trois ans de ma liberté en échange de quelques journaux parus durant ces mois d’isolement. Car j’apprends maintenant, ici, enfermé, isolé, découragé, que l’Espagne est en train de s’entre-tuer et que je ne peux rien y faire. Voilà mon histoire.

Un dernier mot à l’intention du tribunal. Je crois qu’il est de coutume chez les politiques d’un certain rang, lorsqu’ils se trouvent dans une situation critique comme celle dans laquelle vous me placez actuellement, de finir leur intervention par une fanfaronnade héroïque destinée à la postérité du style : « Finalement, je suis le seul responsable. Vous pouvez faire de moi c que vous voulez. J’ai accompli mon devoir. Vous pouvez disposer de ma vie ». À l’inverse, certains, en particulier des chefs révolutionnaires de gauche, n’ont jamais lancé ce type de réplique et même plutôt dire l’inverse. Je préfère imiter ces derniers plutôt que les autres. Je ne vais certainement pas vous dire maintenant : « Je donnerais ma vie pour ceci ou pour cela ! ». M. le procureur a dit que j’étais courageux. Tout au plus ne suis-je pas un lâche. Bien sûr que cela m’importe de donner ma vie. Il faut affronter les événements de la vie avec dignité. Et je vous affirme que je préfère de loin ne pas mourir. Je ne crois pas que la vie nous ait été donnée pour que nous la consumions comme un feu de Bengale à la fin d’un feu d’artifice. Si je n’ai pas participé à ce qu’on me reproche, si je n’en porte aucune responsabilité, pourquoi irais-je réclamer le rôle de victime expiatoire ? Je vous prie de considérer mon cas en vos âmes et consciences ainsi que celui de ces deux-là et de prononcer toujours en vos âmes et consciences un verdict de non-lieu. Votre intégrité ne sera mise en doute par personne. Vous avez défendu les institutions qui vous avez confié cette charge avec rigueur et sévérité. Je vous prie de ne pas voir en moi un tel ou un tel mais un accusé comme un autre venant de comparaître devant la justice avec deux autres inculpés. Considérez mon cas avec tous les indices et preuves s’y rapportant car je crois que nous le méritons, et le sens de la justice de ce tribunal aussi.

Je vous prie d’édicter un verdict de non-lieu pour nous trois. Je puis vous assurer, au nom de tous les accusés et en mon nom, que je vous en serai sincèrement reconnaissant et je me réjouirai en sentant la vie couler dans mes veines, en sentant cette vie que j’ai modestement dédiée et que je continuerai à consacrer au peuple espagnol, pour que la devise de celui-ci soit un jour celle de notre mouvement : « Pour la Patrie, le pain et la justice ! »

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