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Comment mettre un terme à une dictature ?

Depuis leur expulsion de 1394 — pour les raisons que l’on peut imaginer — il n’y eut plus de Juifs en France et ce, jusqu’à la conquête de l’Alsace par Louis XIV en 1678. Ni le Roi Soleil, ni aucun autre souverain européen ne leur accordèrent le droit de citoyenneté, qu’ils n’obtinrent qu’à la faveur du chaos généré par la révolution française.

La seule exception, en 1615, fut l’arrivée à Paris d’un médecin juif vénitien, Montaldo, qui amena avec lui quelques coreligionnaires protégés par Concini. Il faut connaître cette histoire intéressante :

Henri IV avait été assassiné quelques années auparavant, et la reine Marie de Médicis, qui assurait la régence, était littéralement tombée sous la coupe de l’Italien et de son épouse, la « noireaude hystérique » Léonora Galigaï. Pendant sept ans, de 1610 à 1617, ce couple d’origine étrangère accumula une fortune colossale et régna sur la France par la terreur. L’impiété et la corruption avaient gagné tout le pays.

« On avait jamais vu jusque-là dans ce pays un aussi grand pouvoir, exercé pendant tant d’années, avec une telle absence de scrupules. » (biographie de Marie de Médicis, Michel Carmona).

La réaction des Français de souche fut énergique. Le Parlement de Paris renouvela solennellement l’édit d’expulsion des Juifs par lettres patentes enregistrées le 12 mai 1615.

On vivait dans une atmosphère de guerre civile. Pour intimider les Parisiens, Concini fit dresser 50 potences en divers points de la capitale. Les gardes-françaises furent remplacés par les Suisses allemands, peu portés à fraterniser avec la population, et des Italiens, tout dévoués à leur compatriote (aujourd’hui, les autorités cosmopolites favorisent l’intégration des Suisses-Africains et des Suisses-Arabes dans la police, probablement pour mieux contrôler les dérives racistes des Français de souche).

C’est finalement le baron de Vitry, capitaine des gardes du corps, qui allait se charger de l’affaire avec l’accord de Louis XIII, qui n’avait alors que 15 ans. Le 24 avril 1617, dans la cour du Louvre, Vitry et ses gardes s’approchèrent de Concini, isolé de son escorte : 

– « De par le Roi, je vous arrête. » dit-il d’une voix forte.

Stupéfaction de l’autre, qui ne peut croire qu’on s’adresse à lui. « A me ? » demande-t-il, retrouvant par réflexe sa langue maternelle. « Moi ? – Oui, vous ! »

Vitry ajusta son pistolet et le signore Concini se prit trois décharges dans la tronche : une balle entre les deux yeux, une dans la gorge et une troisième dans l’œil. Pour plus de sûreté, on lui larda le corps de coups de dague avant de le dépouiller complètement.

Dans la salle des gardes, on entendit à peine les quelques mots que prononça Louis XIII :

– « Merci ! Grand merci à vous ! A cette heure, je suis Roi. »

Quant à la Galigaï, « elle enfouissait son or, ses pierreries, son argenterie en sa paillasse, se couchait dessus comme une bête protège sa couvée. » (biographie de Louis XIII, Ph. Erlanger). Elle s’avilit jusqu’à dire de son mari qu’ « il l’avait mérité », mais cette dernière bassesse ne lui sauva pas la vie.

Hervé Ryssen

Source : Hervé Ryssen, le blog

Pierre Olivier

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