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Gamal Abdel Nasser Hussein, des Officiers Libres à la Nation Arabe

Nasser (1904-1970) admirateur du Maréchal Pétain et anti-frères musulmans

Instructeur au Collège Militaire (1942), Médaille Militaire dans la Guerre de Palestine (1949).

Né le 15 janvier 1918 à Alexandrie ,fils d’un postier ayant suivi l’école islamique et  l’école copte et obtenu ainsi une place par son certificat d’études,  Gamal (prononciation égyptienne de  djemel, « beau ») Abd el Nasser (le victorieux)  Hussein,  bientôt orphelin de mère deux ans après, décédé  au Caire le 28 septembre 1970 , époux d’une femme de père iranien, Taha Kazem (1920-1992),  fonda une Société ou Comité patriotique en 1939 et  réorganisé en 1942,  hospitalisé après deux blessures, dans  « la Guerre de Palestine » achevée en février 1949.

Les armées arabes venues au secours de Palestiniens n’avaient qu’à peine entamé, à la frontière syrienne,  la part juive du découpage onusien de  la Palestine, et n’ont donc jamais, comme le répètent  nos perroquets,  menacé l’existence du nouvel État juif, dont le tyran  Staline avait le premier proposé en 1947, aux Nations-Unies, par son ambassadeur André  Gromyko, la formation. Mais, mis à part l’honnête Syrie et la Jordanie dont le roi Abdallah sera assassiné, la volonté des États de la coalition, jouets de l’Angleterre et des États-Unis, n’était pas de vaincre, mais de céder devant l’adversaire, en illusionnant leur opinion publique. Ce qu’ils continuent de faire.

Le  capitaine Nasser ainsi décoré pour faits d’arme de la Médaille Militaire,  se révolta contre cette trahison, en tirant les nécessaires conséquences  politiques de  cette  défaite et de la faiblesse de l’État.

« On observait, écrit-il, un manque total de coordination entre les armées arabes, l’exercice du commandement, au plus haut niveau, était quasi  inexistant et nos armées  se révélaient impuissantes. Au plus fort du combat, les corps des ingénieurs de l’armée reçut l’ordre d’entreprendre la construction d’un chalet de plaisance pour le roi Farouk à Gaza. Il était clair que tout ce qui intéressait le Haut-Commandement était de s’emparer de la plus  grande superficie de terrain, sans tenir compte de sa valeur stratégique ou de son aptitude à favoriser nos chances de gagner la bataille. J’ai été  extrêmement indigné contre ces commandants de flottilles et ceux des bureaux qui ignoraient  tout du champ de bataille et de ce qu’enduraient les combattants .La goutte qui fit  déborder le vase arriva  lorsque je fus  chargé de conduire le 6e bataillon d’infanterie vers le village d’Iraq  Suwaydan, objet des attaques israéliennes. Avant même de nous y mouvoir, tous les plans de déplacement avaient été  divulgués  par la presse égyptienne. Ensuite a eu lieu le siège de Falloujah dont j’ai vécu les combats et durant lequel les forces égyptiennes ont continué de résister, en dépit de la supériorité en nombre des troupes israéliennes, jusqu’à ce que l’armistice imposé par les Nations-Unies mit  fin à la guerre, le 24 février 1949. »

Première guerre israélo-arabe de 1948-1949 au cours de laquelle eut lieu le premier exode Palestiniens (la « Nakba »)

Ce Comité des « Officiers Libres »  qui, en 1952,  trois  ans après la première défaite  militaire égyptienne devant Israël,  imposa au Souverain comme Premier Ministre  le général Néguib, mettant fin au bout d’un an à la monarchie de lignée albanaise du roi  Farouk (1918-1965) décédé en Italie. Ce dernier, qui fut très populaire avant guerre, maintint l’Égypte longtemps dans la neutralité pendant la Seconde Guerre Mondiale, favorable, en effet,  comme son  peuple, à l’Allemagne et à l’Italie, et qui, par ailleurs, fort dévot, se laissa, abuser par la secte crypto-maçonnique  des Frères Musulmans, machine de guerre anglaise jusqu’à ce jour ! Il finit par la condamner mais n’eut point la capacité de l’extirper.

Nasser qui était l’âme de ce Comité des Officiers Libres, fit destituer Néguib qui avait tenté, de concert avec le Roi,  de le faire assassiner par les Frères Musulmans, dont cela est toujours le métier, et demeura 14 ans au pouvoir.

Le 26 octobre 1954,  il échappa à une  tentative d’assassinat par les  Frères Musulmans qui s’étaient mêlés aux révolutionnaires. Et dans la  vidéo ci-dessous qu’il faut bien suivre dans le détail, Nasser démonte le mécanisme de  ce que,  pour sacrifier au langage d’après-guerre, et tenir compte de l’influence communiste, et attirer la sympathie de « l’opinion publique internationale »,  il nomme « un Gouvernement fasciste » mais qui ne l’est pas, étant au service  permanent des intrigues anglaises qui affectent parfois de le combattre mais l’alimentent, comme elles le font maintenant avec ce  Daech instruit et préparé entre autres lieux d’entraînement, a-t-on dit,  dans un camp de la couronne britannique d’ Irlande du Nord. Son analyse est utile à connaître, car elle prend le contre-pied de cette organisation qui met à feu et à sang la Syrie et veut s’étendre à l’Afrique et à l’Asie, comme il s’est vu  naguère aux Philippines et  en Birmanie, en entretenant le fanatisme,  prétendant, à parler théologie avec René Descartes, « entrer dans le Conseil de Dieu et régir avec lui les affaires du monde », suivant  les termes d’une lettre du 15 septembre 1645 à une princesse allemande, Elizabeth de Bohème, son élève !

Son successeur le colonel Anouar El Sadate tomba  sous les coups de cette même  organisation subversive en 1981, durant un défilé des troupes, et l’on peut voir distinctement le corps du Président égyptien mourant piétiné par l’Ambassadeur des U.S.A !

Nasser lui avait adressé cet éloge dans sa préface au livre Révolte Sur le Nil  paru en français  (Paris, chez Pierre Amyot, en 1957, 219pp.) p.8 :

« La figure d’Anouar El Sadat  inspire sympathie  et respect. Ses vertus militaires, courage et sang froid, loyauté et dévouement, force de caractère  et désintéressement  absolu, enfin son amour de l’équité, le destinaient à jouer un rôle de premier plan dans  la préparation et le triomphe de la Révolution égyptienne du 23 juillet 1952. »

Contre ces fanatiques  que le MI6 britannique agite comme  les guignols du théâtre lyonnais entre les mains de batteurs de foire, Nasser eut aussi une réponse spirituelle et cinglante, dans cette même vidéo, sur son refus de céder à leurs instances d’imposer le voile par décision politique, mais aussi, plus généralement, sur la fausseté et l’hypocrisie de cette  organisation terroriste maçonnique. Toutes ses paroles sur eux disent la vérité sur  ce  terrorisme manipulé qui infecte  aujourd’hui le monde.

Nous disons, comme ancien maître de philosophie,  à l’intention première de nos jeunes  lecteurs  nationalistes, par notre connaissance modeste, mais réaliste de l’Islamité depuis quarante ans, débutée après la  mort de Nasser et la journée de deuil  qui suivit, veille  de notre prise de poste au Lycée Carnot de Tunis, parmi des élèves arabes généralement pieuses, dans des classes mixtes,  non voilées, comme nos collègues féminines, et tout autant à l’Université où nous étions chargé de cours en troisième année de psychologie, en 1971,  que le port du voile n’est pas, contrairement aux allégations des hypocrites Frères Musulmans et autres prêcheurs obscurantistes, à la vie quelquefois dissolue,  l’esprit souvent  vide et les poches toujours  pleines,  une obligation religieuse, mais une marque distinctive des femmes du Prophète, d’après l’Histoire Sainte contée dans ce Koran  qui cite bien plus souvent le nom de Jésus que celui de Mahomet (qui est un titre élogieux et non pas un patronyme !), et ne saurait donc être un des cinq piliers de la foi comme :

  1. La confession  de l’unicité de Dieu prêchée par Mahomet,
  2. La prière
  3. La Zakat ou charité 
  4. Le jeûne
  5. Le pèlerinage selon ses moyens

Voltaire, qui valut un prix littéraire  à  Nasser lycéen pour son essai « Voltaire et la liberté » a su le dire, comme tout ce qu’il a dit :

«  Il vient, le Fanatisme est son horrible nom

Enfant dénaturé de la religion (quatre syllabes!)

Armé pour la défendre, il cherche à la détruire,

Et reçu dans son sein, l’embrasse et la déchire.

(Poème épique, La Henriade, chapitre V)

La réfutation des Frères Musulmans par Nasser

Nasser sur le Maréchal Pétain (communication de Benoist-Méchin)

Qui était Nasser? Que pensait-il de nos grands hommes de l’Europe et de nos traditions ? En quoi s’inspirait-il d’illustres exemples de chefs de peuple qui lui avaient ouvert la voie,  précédé et instruit dans sa lutte contre leurs mêmes ennemis. Interrogeons des témoins fiables et laissons les mercenaires de la plume ou les robots  de l’audio-visuel ! Jugeons les faits à la lumière de la raison :

Une anecdote contée à un compagnon de captivité de la prison politique de Fresnes (notre ami défunt, Laurent Ruffié, ancien séminariste engagé dans la Légion des Volontaires Français  sur le Front de l’Est, en Biélorussie, puis passé dans les commandos Skorzeny  en Italie du Nord (maquis anti-maquis), par ailleurs auteur occitan membre de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse), par le parisien, écrivain, musicologue  et remarquable historien, célèbre avant guerre pour son « Histoire de l’Armée  Allemande », « l’Histoire de l’Ukraine » etc.,  diplomate, Jacques  Benoit Méchin (1er juillet 1901 – 24 février 1983), de lignée paternelle de baron d’Empire, venu le visiter à La Croix-Falgarde, près de Toulouse, au temps de l’insurrection à La Mecque, où il devait se rendre, à l’initiative du Président Giscard d’Estaing, évoque  le Président Nasser, au milieu de ses pairs, s’adressant ainsi à l’ancien Secrétaire d’État de l’État Français chargé des relations franco-allemandes : « Monsieur le Ministre, ainsi lui donna-t-il ce titre, avant toute chose, parlez nous d’un homme que nous avons tous  admiré ici: le Maréchal Pétain ». Le ton était donné.

Gerhard Frey

Nasser  fut, dans une manifestation « parisienne » de 1956, réunissant la droite et surtout  la gauche très nombreuse attachée depuis l’avant-guerre, durant  la période de  Léon Blum, au sionisme dit socialiste et dont les fondateurs de l’État de 1947 appartenaient à la Seconde Internationale ouvrière (sic),  comparé à Adolphe Hitler, et cette empreinte ne s’effaça pas après son entretien en anglais, avec le directeur de l’hebdomadaire patriote  allemand de Munich,  la  « National Zeitung », article paru le 1 mai 1964, intitulé « la guerre avec Israël est inévitable », feu  le dr. juris Gerhard  Frey  de confession protestante, qui l’interrogeait  en Égypte, à Héliopolis, près d’Alexandrie. À la question naturelle  sur les sentiments  qu’il portait à l’Allemagne, dont on sait, depuis le voyage de l’Empereur Guillaume II en Orient , la popularité dans tout le monde  musulman et arabe, iranien, indien,  turc, chrétien compris, jusque au Maghreb,  surtout après avoir refusé de recevoir son fondateur Herzl pendant sa visite de Jérusalem (Al Qods), celui qui présidait au destinées de l’Égypte et, par la voie  de la République Arabe Unie (R.A.U.)  avec la Syrie, concevant  la Nation Arabe sur base ethnique et non religieuse, que rappelle encore le drapeau à deux étoiles syrien légal et  légitime, de répondre ce qui lui vaudrait aujourd’hui  un blâme des Nations-Unies et la réprobation  de la « conscience universelle » qui roule toujours à sens unique :

« Nous étions tous avant guerre partisans de l’Allemagne et faisions des vœux pour sa victoire ».

Et le directeur de la revue munichoise des anciens  combattants allemands,  de lui demander  ensuite  ce qu’il pensait de la mauvaise réputation faite à ce pays dans l’après guerre. Nasser répondit que « le plus simple homme chez nous » n’y croyait pas. Et le Président égyptien de relever  que le chancelier Adenauer était contraint, à cause de l’état de servitude de l’Allemagne, de livrer régulièrement des armes à l’entité sioniste.  Nasser précédait le libre-examen, et le dépassait même, du futur président iranien Ahmadinejad, en 2006,  cinquante ans plus tard : c’était une génération du feu, qui appelait un chat un chat, et cette germanophilie  était partagée par le Président Anouar el-Sadate qui raconta les  nombreuses actions patriotiques  pour permettre l’entrée de l’Afrika Korps.

« L’Égypte ne croyait pas  à la victoire des Alliés »

« Le jour de l’entrée en guerre de l’Italie, Mussolini déclara  que son gouvernement  ne nourrissait aucun dessin agressif contre l’Égypte et le monde arabe à l’amitié desquels il tenait comme à un axiome fondamental de sa politique  extérieure. Aly Maher [le Premier Ministre égyptien]  se raidit et adopta une attitude anti-anglaise. Sans doute fut-il contraint  de rompre les relations diplomatiques  avec l’Italie et d’appliquer le traité de 1936 [celui de l’alliance anglaise] .Mais il ne le fit ni sans réticences, ni sans  arrière-pensées, qui se précisèrent  lorsque, sur le théâtre de guerre, les combats furent défavorables à l’Angleterre. L’Égypte ne croyait pas à la victoire des Alliés.

Malgré les instances anglaises,  Aly Maher  refusa de déclarer la guerre  à l’Axe. »

« La philosophie de la révolution » selon Nasser

La vision politique nassérienne est exposée dans son livre « La philosophie de la Révolution ».

L’Égypte entière, comme nous le  disait dans un entretien privé du début des années 70, dans son bureau de la rue Jean Goujon, à Paris, l’ancien ministre des Affaires Étrangères et Président et Premier Ministre (qui fut au Conseil d’État avec Michel Debré jusqu’en 1943 avant de passer en wagon-lit, selon une plaisanterie de De Gaulle, en Espagne et ensuite au Caire), Maurice Couve de Murville,  était opposée à l’emprise anglaise et même le roi Farouk germanophile, qui interdira les Frères Musulmans après avoir été abusé par eux,  résistait autant qu’il pouvait à cette exploitation. L’Angleterre favorisa contre le patriotisme égypto-libano- syrien, bref national arabe,  la formation en 1947 d’une « Ligue  Arabe » siégeant au Caire, qu’elle contrôle toujours, et est présentement opposée au Président Bachar El Assad,  et ensuite la formation de la secte crypto-maçonnique et, au sens propre,  antifasciste des Frères Musulmans connue pour son immoralité et ses assassinats.

Celle-ci, jouant le fanatisme religieux contre les sentiments nationalistes,  tenta d’assassiner Nasser en 1954 à Alexandrie, plus tard exécutera Anouar el  Sadate qui avait frayé avec elle dans sa jeunesse,  et ce avec l’appui financier de l’instrument par excellence de la politique anglo-sioniste et américaine, qu’est l’Arabie saoudite. Benoist-Méchin le raconte dans « Un printemps arabe » (1967). On y lit que Nasser fit, lors d’un meeting damascène, lire par le chef de la sécurité syrienne présent à ses cotés, une confession de son appartenance à un complot contre Nasser devant faire exploser l’ avion présidentiel égyptien  sur le chemin du retour : et de lui faire lire devant une foule damascène déchaînée et combien enthousiaste  le numéro du chèque signé par le roi d’Arabie pour prix de sa traîtrise homicide.

Il faut savoir que le Président Américain Eisenhower, dont il n’y a pas lieu ici de préciser les ancêtres relevés par lui à  l’Académie Militaire de West Point dans une notice autobiographique, reçut dans son bureau ovale les dignitaires de cette Muslim Bretherhood ou Fraternité Musulmane fondée sur un serment de fidélité inconditionnelle fait, les yeux bandés de noir,  à un donneur d’ordre inconnu, la désobéissance étant punie par la mort. Dans leur délégation se trouvait un parent  du prêcheur suisse, le Calvin musulman, M. Tariq Ramadan qui défraye la chronique et que nous présumerons, par correction et ne le point diffamer aux yeux des hommes,  innocent, pour ce qui est  de la morale, mais  sa servitude politique envers l’Arabie anglaise est patente. La vie privée de Nasser était irréprochable.

Le président des USA, Dwight D. Eisenhower dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche avec une délégation des Frères Musulmans en 1953

L’on lit quelquefois que cet « islamisme » en question  fut  favorisé par la C.I.A. qui a rassemblé après guerre à Munich, des dits « nazis », des frères en questions et autres futurs cadres : c’est faux. L’association musulmane de Munich rassemblait originellement les Anciens Combattants Musulmans, surtout d’Asie centrale (Tadjikistan, Azeri etc.) et des Tatares de Pologne ou du Caucase, comme les Tchétchènes ou en Europe même, les Albanais,  les Bosniaques et Oustachis musulmans de Croatie  (le tiers des effectifs de la fameuse Oustacha « le parti du Soulèvement »)  qui collaborèrent avec l’Axe, et  auxquels le Troisième Reich avait accordé la qualité de citoyens du Reich pour récompense de  leur combat antibolchevique.  Les encadreurs de la C.I.A. les vidèrent de cette association, et les remplacèrent par des marionnettes anglo-américaines.

La situation n’a pas changé! Et ce que nous voyons dans la guerre syrienne  et ses prolongements, montre le désastre de l’extinction du nassérisme ; c’est le défaut ou l’abaissement  cultivé de l’idéal national et le recours insensé à des prêts usuraires qui poussent les désenchantés à succomber aux sirènes du prétendu « islamisme », et autres formes magiques, irrationnelles et barbares, à parler techniquement,  de cet antifascisme musulman. A cet égard la Président  Bachar El Assad est un vrai  Nasser, mais sans naïveté !

Cette funeste Arabie, wahhabite en majorité, attachée à une  secte germée avec l’aide du Secrétariat aux Colonies de Londres,  lavant le cerveau du fanatique et lunatique  Abd el Awab, à Bassora en l’actuelle Irak,  au XVIIIe siècle,  et née politiquement pendant la Première Guerre Mondiale, étant  organisée ou « pilotée »  depuis  le Caire par le Résident Mac Mahon qui leur donna à leur prise de La Mecque l’appui de  l’artillerie anglaise débarquée, fut l’arme destructrice  employée contre  l’Empire Ottoman où coexistaient depuis des siècles des communautés et qui était devenu le client de l’Allemagne, même si ses élites,  nommées les « Jeunes Turcs » et composée, du reste,  plus d’allogènes que de Turcs véritables, étaient formées, instruites par la Maçonnerie militaire occidentale, notamment en France.

Ce fut le 15 février 1945, au même moment que s’effectuait  la destruction de Dresde, que le franc-maçon 32e degré, Franklin Delano Roosevelt, avocat de la cause sioniste, en compagnie de l’Amiral Leahy, ancien fonctionnaire de la colonie américaine des Philippines et ancien ambassadeur en poste à Vichy auprès de l’État Français jusqu’en fin  1941, conclut sur le navire croiseur U.S.  « Le Quincy », un accord (le Quincy Agreement) faisant de l’Arabie, par ce traité renouvelable au bout de 30 ans, et qui le fut par G. Bush,  le protégé des États-Unis engagés à protéger sa dynastie et  sa monarchie absolue reposant sur une immigration d’Asie, en obligeant en contrepartie  l’Arabie à vendre son pétrole en dollars.

14 février 1945 : signature du Pacte de Quincy sur le croiseur US « Quincy » entre Franklin Roosevelt et le roi Ibn Saoud

Le leader libyen  Mohammad Khadafi, qui n’a pas du tout les mêmes racines  que Nasser, tant s’en faut, voudra, par un sorte de concurrence, l’imiter, en conservant théâtralement  son titre de colonel, mais, quelles qu’aient été ses réalisations ou  ses ambitions, il ne pouvait avoir, de par certains atavismes,  son sérieux, sa pureté,  ni atteindre à  son degré d’héroïsme. Nasser ne jouait hystériquement pas un rôle, il était identifié à la Nation Arabe qui reste une  Idée nécessaire et seule salvatrice. Khadafi fut une victime, ce qui ne donne pas toujours  l’auréole du martyre qui est attaché à une Foi.

Les principales actions politiques  de Nasser

  1. La  grande œuvre de Nasser, la plus profonde et durable, par conséquent d’ordre spirituel, fut l’éducation politique de la jeunesse masculine et féminine, sur le modèle, il faut le reconnaître, indubitablement  fasciste, et ceci n’est pas une manière excessive de dire, car dans une perspective non confessionnelle, mais nationale, les filles en uniforme, comme sous le Baasisme  proche-oriental, têtes nues, disciplinées et  rompues aux exercices physiques, formaient une armée du travail, œuvraient socialement ; et le sentiment national récent égyptien qui a déjoué le  dernier coup d’État, du type révolution « de couleur », du frère-musulman et citoyen US, le « frère » Morsi, est redevable de sa puissance persistante à la personne exemplaire de feu Gamal Abd el Nasser.
  2. Sa seconde œuvre qui fit l’effet d’un coup de pistolet dans un concert, et affola les actionnaires,  fut la nationalisation du Canal de Suez, faisant entrer, par réaction, la France socialiste dans la coalition anglo-sioniste, avec des troupes algériennes jetées sur l’Égypte  et le mitraillage des étudiants d’Alexandrie, permettant  à Israël de s’emparer en entier de la bande de Gaza et de conquérir le Sinaï que lui reprendra une offensive égyptienne remarquable de Sadate en 1973, débutée par une habile offensive aérienne commandée par Moubarak lançant son aviation à l’aube.
  3. Le troisième  grand ouvrage, en matière d’économie, aura été après la nationalisation du Canal de Suez, le 26 juillet 1956, la construction du barrage d’Assouan qui permit aux Russes, après le refus occidental d’équiper et de financer l’Égypte, d’accroître aussi leur influence locale, militaire même,  avec leur ministre Chèpilov, et enfin le succès de sa politique, même remis en question par les maladresses de ses ministres, de formation de  la République Arabe Unie, alliant Damas au Caire.

La plaie de l’Égypte

Ce qui sous Nasser et après lui restera  néanmoins une plaie de l’Égypte, que nous mentionnons par honnêteté,  sera sa situation agricole qui fera que l’endettement augmentera auprès du Canada et des U.S.A. exportateurs de blé. Cela s’est transformé aujourd’hui en une catastrophe presque irrémédiable qui entrave toute volonté d’indépendance réelle, en dépit de la haute qualité des études et la formation de nombreux cadres scientifiques et de techniciens.

C’est pour augmenter la capacité de l’Égypte et son autonomie  que Nasser fit construire le barrage d’Assouan. À survivre, il eût pu achever son ambition nationale et garder l’Égypte comme centre florissant de la Civilisation arabe, en rapport avec son importance numérique, son expérience religieuse et sa culture de la langue  arabe supérieure aux autres nations de cette ethnie.

Le piège de la guerre des six jours

La guerre des six jours, qui fut un piège, assura à Israël le soutien anglo-américain et la complicité soviétique, car grattez l’étoile rouge, elle prend une autre couleur ! Pendant cette guerre, les prisonniers égyptiens du Sinaï furent sadiquement  déchaussés par leurs gardiens et brûlèrent leurs pieds  dans le sable ! Ceci fut dénoncé par la presse allemande. La trahison et la corruption de hauts personnages de l’armée égyptienne assura la victoire de Tel Aviv, Jérusalem fut occupée, et l’on connaît la suite.

Territoires occupés par l’État juif à l’issue de la guerre des Six Jours

L’ancien ministre, condamné à mort et gracié par suite d’une septicémie inoculée par un infirmier sympathisant politique, dont la candidature avait été médicalement refusé à la L.V.F.,  qui lui proposa d’échapper à la honte de l’exécution, mais  dont il  guérit, grâce à Dieu (communication personnelle faite à Laurent Ruffié), Jacques Benoist-Méchin, raconte dans son livre  « Deux Étés Africains Mai-Juin 1977,Juillet 1971 » chez Albin Michel, Paris, le sentiment du Président Nasser en 1967, à la veille de la guerre des six jours, rappelant la culpabilité d’Israël et son agressivité. Il s’adresse ainsi  aux journalistes :

« Nous voulons vous dire toute la vérité sur ce qui vous intéresse. Quant à la façon dont vous la transmettrez au public, elle ne nous concerne pas. Elle relève de  votre conscience professionnelle. Bien qu’il soit  très maître de lui, je le sens  surmené, irrité, poursuit Benoist-Méchin, et plus tendu que d’habitude. Il y a, non dans ses paroles elles-mêmes, mais dans le ton sur lesquels il les profère, une nuance de défi… Pouvait-il en être autrement après la démarche  des généraux ?A  la suite de leur demande  d’engager les hostilités les premiers  et de son refus catégorique de les suivre dans cette voie, il est sur le fil de l’épée… »

Nasser s’explique sur la crise née, croit-on,  du blocage par l’Égypte du détroit de Tiran dont on a fait ensuite  la cause de la guerre israélo-arabe, et sur le retrait des Forces des Nations-Unies :

« Ce ne sont là que les aspects superficiels  et passagers d’un problème  plus grave. Je veux parler, précise ainsi  Nasser, de l’agression qui a eu lieu  et se poursuit encore contre l’une des patries arabes – la Palestine – et menace du même coup  tous les autres membres de la Communauté. C’est là qu’est la question essentielle. »

« Ceux qui s’imaginent que les problèmes qui  touchent au destin des nations et des peuples  peuvent s’effacer  avec le temps commettent une  erreur grave. Les individus  peuvent subir les atteintes de l’âge ; leurs souvenirs peuvent  s’estomper sous l’effet de l’oubli. Mais les peuples sont une présence vivante, constamment renouvelée. Ils jouissent d’une jeunesse permanente  et se souviennent  d’autant mieux des coups qu’on leur porte  qu’il s’agit d’une  agression permanente, qui cherche à élargir sans cesse le niveau de son activité. »

Et Benoist-Méchin de traduire ainsi le discours de Nasser, à partir de la version anglaise qui lui paraît moins négligée que la française :

« L’impérialisme, dit-il d’une voix frémissante, et les forces qui tentent de dominer la Nation Arabe ont créé Israël. Nous ne sommes pas les seuls à le dire : les défenseurs d’Israël le proclament eux-mêmes  et dans les mêmes termes que nous. Ils affirment qu’ayant créé Israël, ils sont responsables de sa sécurité et de sa survie. Ils lui ont remis la plus grande partie  de la patrie du peuple palestinien et après cette violation du droit des gens, ils ont approuvé sa conduite agressive et spoliatrice. »

« Qu’a fait Israël des  résolutions votées  par les Nations-Unies  en 1947, 1948 et 1949? Il les a foulées aux pieds. Qu’a-t-il fait des accords d’armistice  imposés par le Conseil de Sécurité? Il a occupé tout ce qu’il a pu de la  terre palestinienne. L’exemple le plus frappant, et ce sera le seul exemple que nous choisirons, en est le port d’Eylath, qu’Israël a construit sur l’emplacement de la petite ville arabe d’ Om-Rash-Rash. Comment l’a-t-il acquise? En l’occupant postérieurement  aux accords d’armistice. Les accords ont été signés en février  1949 et c’est en mars de la même année qu’Israël a occupé cette zone, au mépris des résolutions du Conseil de Sécurité et en violation des accords d’armistice, avant même que  l’encre avec laquelle  ils avaient été  signés soit sèche… »

Nasser demande  ce qu’a fait Israël des droits des réfugiés arabes et des résolutions de l’ONU qui y ont trait. « Ces malheureux sont toujours  dispersés et éloignés de leur patrie usurpée. »

Quant aux violences exercées contre les militaires de l’ONU :

« Peut-on s’en étonner quand les Israéliens ont été jusqu’à assassiner  le comte Bernadotte, le jour où ils se sont aperçus que  son rapport contenait  des dispositions incompatibles avec leurs ambitions ? Qu’a fait Israël en 1956? Il  joué le rôle qui lui était dévolu par les impérialistes qui l’avaient créé. Ce rôle était abject. Cela ne l’a pas empêché de crier victoire, ni même de tenter de s’annexer une partie du territoire égyptien. Après Suez, la liste  d ses agressions n’a cessé  de s’allonger jusqu’à la récente  menace brandie  contre la Syrie qui est à l’origine de la crise actuelle. » (op.cit.pp.102-105)

La « radio du Caire », œuvre  allemande  d’expatriés nationaux-socialistes

Johann von Leers

Nasser se sentant  trahi, après l’effondrement de l’armée égyptienne et l’anéantissement au sol de son aviation, démissionna, et le peuple manifesta pour le faire revenir au pouvoir.

Il fut frappé d’une crise cardiaque, plus vraisemblablement empoisonné, ainsi que nous expliqua en Suède, notre intrépide  ami Ahmed Rami, avocat du mouvement nationaliste européen qu’il estime nécessaire au succès du nationalisme arabe, par son masseur… qui n’était assurément pas arabe ! 

Sa radio du Caire qui est attachée à son pouvoir,  fut une grande puissance de formation  idéologique et contraria la propagande israélienne ; elle  était très écoutée dans tout le monde arabe et maghrébin, jusque dans les plus humbles foyers, mais peu de gens savent en Occident, qu’elle  fut en fait techniquement et intellectuellement organisée par les Allemands nationaux-socialistes expatriés, et d’anciens « collaborateurs » suisses,  le plus célèbre d’entre eux étant  l’ethnologue et spécialiste de l’étude de la propriété foncière germanique nommée l’Odal (cf.  entre autres œuvres,  son livre édité en deux tomes en 1939 et réimprimé en 1991, « L’Odal, la loi de vie d’une Allemagne éternelle », 759 pp. en allemand), Johann von Leers (1902-1965), que son illustre compatriote et soldat de la première guerre mondiale Ernst Jünger, nommait « un génie linguistique », personnalité érudite  de l’administration  SS et de la Ahnenerbe (héritage ancestral), émigré en Argentine et revenu en Égypte, à l’invitation du Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin El Husseini, qui avait pendant la guerre dirigé l’Institut Islamique de Berlin . Il prit le nom, converti à l’Islam, de Omar Amin.

Nasser appréciait le fondateur du Baath syrien (le mot signifie renaissance), Michel Aflak  (1910-1969), né chrétien orthodoxe, élève, dans l’avant-guerre, de notre compatriote, le grenoblois Emmanuel Mounier, à la Sorbonne.

Michel Aflak à la gauche de Nasser

Son corps sera exhumé de son mausolée  en Iraq par le Résident U.S. Paul Bremer pour ne pas être un lieu de culte patriotique…

Pourquoi  connaître  et célébrer  Nasser ?

Cette union et hauteur de vue du monde arabe chrétien et musulman  réuni sur la base patriotique et sociale fait de Nasser une sorte de Juan Peron et seule la résurrection d’un justicialisme permettra, en effet, d’exorciser ce démon qui a le visage arabe et musulman, mais parle le langage de la city londonienne ou de ses colonies Qatari et autres Émirats de Sa Majesté : la Finance Internationale !

La mort de Nasser donna lieu à des funérailles grandioses qui vit un peuple entier et tout le monde arabe ou uni par la civilisation arabe, affirmer son identité et son attachement au Chef du nationalisme arabe, dont l’éclat n’est égalé que par le courage et l’énergie de ce second Nasser que sera aux yeux de Clio, la muse de l’Histoire, le Président Bachar El Assad !

Plusieurs pensent qu’il reste isolé, que son exemple n’a pas été suivi : la légende pieuse veut qu’à la mort du Prophète ses disciples, sauf son cousin Ali, se disputèrent son héritage et ne l’accompagnèrent pas. Il y a là une vérité morale ou allégorique, que le héros national vit avec et dans l’esprit du peuple et touche ainsi à cette immortalité que nous disons en grec des héros, des mortels plus près de la sublimité  de Dieu par leurs sacrifices que des passions humaines. Tel fut Nasser dont la flamme resurgira et s’est ranimée dans ces immenses manifestations égyptiennes qui ont fait chuter le candidat des frères musulmans et produit toxique des laboratoires d’Outre-Atlantique, dont le prétendu succès électoral était une fraude.

Que le nom de Nasser soit aussi une flamme pour tous ceux qui veulent la survie de la nation !  Et comprendre que sa philosophie  politique ou conception saine de la révolution que préconise les nationalistes  ou nassériens, après d’autres formidables chefs de peuple  qui ont brillé d’Europe au Japon, est un mouvement autour de soi-même, un refus d’un cosmopolitisme abstrait ou d’une diversité trompeuse  et funeste à tous, autre nom du marché aux esclaves, un retour à sa nature propre, comme, selon la métaphore du philosophe Kant, notre terre tournant sur elle-même autour du soleil !

Pierre Dortiguier

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Pierre Olivier

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