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Gertrud Scholtz-Klink 9 février 1902 – 24 mars 1999

GERscholtzK3Gertrud Emma Treusch est née le 9 février 1902 à Adelsheim.

 Elle est fille de fonctionnaire ; elle suit des études secondaires, mais quitte l’école pendant la Première Guerre mondiale, afin de soutenir l’effort de guerre allemand : elle travaille ainsi dans une gare de chemin de fer, ainsi que pour une famille d’officiers. A 19 ans, elle se marie avec Eugen Klink, un ouvrier postal membre du NSDAP.

 Elle aide alors son époux dans ses actions au NSDAP, s’occupant des cuisines, de couture, ou de garderie pour les enfants des membres féminins du parti.

Elle adhère elle-même au parti le 1er mars 1930 et milite auprès de la gent féminine qui l’entoure pour qu’elles fassent la même chose.

En 1929, elle dirige la fraction féminine du Parti national-socialiste dans le Bade. Elle déclare alors qu’Adolf Hitler lui donne « tant de confiance en soi, foi en un avenir et courage d’avoir cette foi ».

Eugen Klink décède en 1930 d’une crise cardiaque suite à un combat contre les rouges. Elle déclare à ce sujet : « Dans les années 1920, je mettais toute mon énergie à tenir ma maison, élever les enfants et leur donner un foyer heureux. Mais un jour mon mari, qui était un SA convaincu, n’est pas revenu d’un meeting. Ils m’ont dit que dans l’excitation de la manifestation il avait eu une crise cardiaque et qu’il était mort. C’est toujours ce qu’on dit. […] Je voulais prendre sa place, me dévouer au mouvement pour lequel il était mort en martyr ».

Gertrud Klink accroît alors son implication au sein du NSDAP. Avec plusieurs femmes qu’elle recrute, elle assure des missions de service social pour les victimes de la crise. En 1932, elle épouse un médecin de campagne, Günther Scholtz, dont elle divorce en 1938, car celui-ci ne supporte plus l’engagement politique trop poussé de son épouse.

Gertrud Scholtz-Klink bénéficie du soutien de l’administration dans son action ; elle établit des liaisons avec des organisations de femmes non nationale-socialistes afin de trouver des emplois aux chômeurs, de la nourriture et des vêtements pour les pauvres, et crée un corps de volontaires du travail pour les jeunes filles. Fin 1933, elle partage le podium des orateurs avec un des adjoints de Hitler, qui lui propose par la suite de diriger le corps de travail national des femmes. 

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Robert Wagner introduit Gertrud Scholtz-Klink en 1934 au ministère de l’Intérieur, où elle devient « rapporteur pour les associations féminines ». Elle obtient bientôt la dissolution des associations féministes anti-nationales.

Le 24 février 1934, elle devient présidente de la NS-Frauenschaft (Ligue des femmes nationales-socialistes) ; elle a alors sous sa tutelle toutes les organisations féminines allemandes. Sa tâche principale est de promouvoir la supériorité masculine et l’importance de la maternité. Dans un discours, elle déclare :

« La mission de la femme est d’être ministre de son foyer et sa profession de répondre aux besoins de l’homme, du premier moment de sa vie jusqu’au dernier de son existence ».

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Elle se porte garante d’une certaine idée de la femme. Sa devise prononcée avec foi est le « relèvement du niveau de l’ensemble de la population féminine  par  le service et l’aide au peuple allemand ».

Malgré son rôle politique, elle s’évertue à condamner la participation des femmes au travail salarié et plus particulièrement dans le domaine politique, prenant notamment à partie celles qui avaient été élues députées pendant la République de Weimar -les femmes avaient le droit de vote et étaient éligibles depuis 1919.

Elle déclare : « Celui qui a entendu le cri perçant d’une femme communiste ou sociale-démocrate dans la rue ou dans le Parlement se rend compte qu’une telle activité n’est pas quelque chose qui est fait par une vraie femme ».

À titre exceptionnel, elle soutient la nomination d’une femme, Margarete Gussow, à une chaire universitaire d’astronomie, mais se justifie ainsi : « le cas de Mlle le Dr Gussow est rare, et c’est pourquoi je m’engage aussi fort pour elle, parce que je suis d’avis que l’on ne peut justifier que des dispositions héréditaires exceptionnelles, artistiques et scientifiques ne soient pas encouragées, mais freinées parce que c’est une femme qui possède cette capacité ».

À propos du décret de janvier 1943, mobilisant les Allemandes de 17 à 45 ans, elle déclare, en septembre de la même année, lors d’une conférence : « Les femmes éduquées par la ligue féminine et mises à la disposition de la Wehrmacht ne doivent pas seulement dactylographier et travailler, mais aussi être des « soldats » du Führer ».

En 1981, elle déclare s’être opposée à ce qu’il y ait eu des femmes soldats, et a  réussi en fait, à dissuader les autorités de pousser les femmes à prendre l’uniforme et à combattre dans l’armée.

Scherl: Internationales Frauentreffen in Berlin an dem 13 Nationen teilnahmen. V.links n. rechts: Frau Olga Bjone, Landesleiterin d. norwegischen NS-Frauenorganisation, Reichsfrauenführerin Frau Scholz-Klink, die Gattin des japanischen Botschafters Frau Oshima, die spanische Frauenführerin Pilar Primo de Rivera und Marchesa Olga Medici (Ital.) (7.10.1941) [Herausgabedatum]

De gauche à droite : Olga Bjone, présidente de la Ligue des femmes nationales-socialistes norvégiennes, la Reichsfrauenführerin Scholtz-Klink, l’épouse de l’ambassadeur japonais Hiroshi Ōshima, la présidente de l’organisation féminine de la Phalange espagnole Pilar Primo de Rivera et Marchesa Olga Medici, en 1941.

Gertrud Scholtz-Klink met en œuvre diverses mesures, comme une « année ménagère », obligatoire pour les femmes qui veulent accéder à des études universitaires.

 La  création de l’école des mères est un réel succès, avec plus d’un million d’inscrites entre 1934 et 1937.

Elle est la seule femme qui participe à des réunions au sommet de l’État et à pouvoir rencontrer régulièrement les dirigeants du Reich.

La chef de la Ligue des femmes écrit sans relâche et produit entre 1933 et 1944 plus de cinquante livres et brochures. Elle possède cependant une réelle influence sur les femmes membres du NSDAP, qui représentent 40 % des effectifs, notamment grâce aux chefs de districts qu’elle a sous ses ordres.

Elle soutient également la politique antisémite du régime, et déclare en 1933 : « Pendant quatorze ans, vous avez, camarades du parti, lutté coude à coude avec le Front brun contre les Juifs, l’ennemi mortel du peuple allemand, vous avez mis au jour les mensonges juifs et vous avez évité les magasins juifs. Plus un sou pour un commerce juif, pas de médecin juif, pas d’avocat juif pour la femme ou la famille allemande !  Femmes, ne sous-estimez pas le terrible sérieux de ce combat décisif. Le Juif veut le mener jusqu’à l’anéantissement du peuple allemand. Nous le mènerons jusqu’à l’anéantissement des Juifs ».

Après la chute du Reich, Gertrud Scholtz-Klink est capturée et brièvement détenue dans un camp de prisonniers de guerre soviétique, pendant l’été 1945. Elle réussit à s’échapper et à se cacher.

Elle prend alors  le faux nom de Maria et Heinrich Stuckebrock et tient une boulangerie.

Le 28 février 1948, le couple est dénoncé par un paysan, puis arrêté. Une cour de justice militaire française la condamne à dix-huit mois de prison, sur la base de documents à charge.

 En mai 1950, la sentence est révisée ; classée parmi les principaux responsables du régime, elle écope de trente mois de détention supplémentaires. Elle est en outre interdite d’activité politique, syndicale, journalistique et scolaire pendant dix ans par la commission de dénazification de la République fédérale d’Allemagne.

Après sa libération, en 1953, Gertrud Scholtz-Klink s’installe à Bebenhausen. En 1978, dans son livre La femme dans le Troisième Reich (Die Frau im Dritten Reich), Gertrud Scholtz-Klink défend son action en faveur de l’idéologie nationale-socialiste, agrémentant ses textes de nombreux anciens discours : « Jusqu’à ce qu’un jour le nom du Führer pénétrât notre conscience, le nom d’un soldat du front qui secoua notre peuple de sa léthargie, nous montra la lumière là où nous ne voyions que l’obscurité, qui ne nous lâcha plus ! ».

Elle réaffirme également son attachement au nationalisme  en 1974, en déclarant son hostilité aux femmes parlementaires : « Nous les femmes nationales-socialistes allions plus loin ! ». Affirmation qu’elle réitère au début des années 1980, ne regrettant rien sinon « d’avoir été trop prise par mon travail pour m’intéresser vraiment aux idées, aux soubassements de la doctrine. […] Bien sûr, certaines idées paraissent outrancières. Mais on a du mal à imaginer aujourd’hui à quel point nous étions idéalistes »

Elle décède le 24 mars 1999, à Bebenhausen.

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Jacques Lacroix

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