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La fausse cible de l’Islam

La discussion entre l’ami  Yvan Benedetti et l’auteur érudit  portant un nom de plume flamand ou du plat pays, qu’il n’est pas besoin de présenter et pourrait être qualifié de logicien, Hervé Ryssen, sur l’islamophobie et la lutte identitaire, met en valeur la notion de lutte nationale ; elle démontre le plan d’éradication non pas seulement de la société française, ou de cet ensemble glorieux, parfois défait, tantôt ordonné ou turbulent, mu périodiquement  par l’instinct révolutionnaire qu’est l’agrégat portant le nom de France confondu avec celui de république, mais le danger de son absorption par des peuples divers, dont des Chrétiens aussi de ses anciennes possessions ultramarines et fuyant les incendies de l’univers allumés par des pyromanes bien connus. Au rebours l’autre ensemble voisin,  germanique si divers, et ayant mieux conservé que nous ses langues originelles, serait une substance : la communauté y est plus vivante que la société et freine ainsi le désordre, éteint assez vite la lutte des classes sociales, apaise les disputes. C’est pour cette raison que la collaboration sera toujours nécessaire entre ces deux réalités humaines et politiques.

L’Islam a été diversement reçu par ces deux ensembles européens : la religion ou la confession de foi se rattache chez nous à l’autorité, en Allemagne elle a été locale et partagée : évangéliques et catholiques se mêlaient au sein des dynasties, et comme dans tous les pays dits germaniques, au sens large, d’Edinburgh à ce grand cimetière de Vienne où j’assistais aux obsèques d’un petit neveu du dernier confesseur de l’Impératrice Zita, les bâtiments religieux sont aussi divers que groupés, depuis le début du XXe siècle : en France d’Ancien Régime l’on trouve un Voltaire pour célébrer dans son œuvre historique remarquable  l’islamisme(comme on désignait alors la religion musulmane)  et  jamais le judaïsme, et si l’on monte vers la  Prusse, le Grand Roi Frédéric voulait bâtir quelques mosquées pour que des Turcs travaillent chez lui ; cette tolérance est mal vue ici, et en revanche, le philosophe par excellence de l’Allemagne, d’origine paternelle, comme on le fait savoir, suédoise, Emmanuel Kant, avait l’audace de publier que Jésus était le prototype de la moralité humaine, et  par ailleurs que le judaïsme n’était absolument pas une religion (das Judentum ist gar keine Religion, in La Religion dans les limites  de la simple raison,1793), mais un statut politique accordé par son législateur auquel le concept de Dieu sert, tout au  plus de fanion, précisait-il.

La France est, en effet, une construction fragile et nécessaire qui a besoin d’un fort centre, et se répartit en régions coexistantes et jamais fondues. Y introduire une population aux usages et aux caractères trop différents entraîne un forme de partition de fait : et c’est ce qui crée une  islamisation radicale par réaction  entre deux quantités importantes, un séparatisme religieux  de forme ouahabite  qui n’a rien de commun avec celle que ma génération a connue en Afrique et en Asie : le métier de professeur de philosophie me porta en Tunisie: aucune de mes élèves du lycée Carnot ni de l’université où  je dispensais quelques heures de cour en troisième année, n’étaient voilées. Il en est allé de même durant mon voyage semi-officiel en Jordanie, fin  mai 1970: la classe de philosophie que je visitais, à ma demande, dans une institution tenue à Aman  par des sœurs dites les Watania, ordre catholique ne recevant, comme le dit le terme arabe de Watania,  que des filles du pays, c’est-à-dire originaires de Syrie-Palestine selon la demande qu’aurait faite la Vierge au XIXe siècle à une sœur arabe, cette classe donc était composée d’élèves chrétiennes et musulmanes non voilées; et ce fut seulement dans la rue que mon guide me montra une jeune femme enveloppée de blanc, jusque sur la tête, une muslim sister

L’Islamité est, comme la chrétienté, en rapport avec une doctrine : l’Evangile musulman est le Koran, lequel y fait appel. Il n’y est pas question de voile de la tête ou du visage, de lapidation des femmes infidèles, de circoncision même, et les Chrétiens se partagent en modèles à imiter, qui suivent les moines nestoriens, et à éviter qui s’allient au  judaïsme. On trouverait autant de choses sévères dans saint Thomas d’Aquin ou le moine patriote  Martin Luther

Bachar Al Assad et sa famille en visite au monastère Notre-Dame de Saidnaya

Il y a une alliance entre les opposants à l’ordre qui veut abaisser l’homme, en faire un moyen et sans égard à sa nature propre, à son milieu naturel, à son enracinement poétique même par quoi le célèbre Martin Heidegger définissait  l’être de l’homme. Tel est ce rapport de camaraderie avec l’Iran et la Syrie du Président Bachar et de sa femme Asma ; lequel chef de l’Etat a fait une partie de ses études dans une école chrétienne. Leur défaite serait la nôtre, et la victoire aussi, tout comme le fut le triomphe de l’Espagne nationale, aidée  des Musulmans  marocains, contre les Brigades internationales!

A cet égard l’unification chrétienne ou musulmane du monde dont on nous rebat les oreilles, est contredite par chacun  des docteurs : l’Eglise romaine ou non,  dit que jusqu’à la fin des temps elle subira des assauts, ce qui démontre que l’ordre ne sera jamais complet ou absolu, et dans le livre musulman il est prêté à la divinité ce refus d’avoir créé une seule communauté pour que les fidèles puissent rivaliser entre eux par les bonnes œuvres. L’ordre mondial humain est donc une utopie, le piège de ceux qui veulent nous mettre en cage et exercer sur des êtres affaiblis et désorientés leur pouvoir de vampire.

De même qu’un paratonnerre déjoue la foudre, l’islamophobie dissimule ou préserve la vraie cible, et prend historiquement  la place du boche dans les esprits à courte vue.

Dire enfin que l’Islamité se répand revient à dire que quitter son pays, abandonner sa communauté ou patrie, serait un devoir de morale. Ahmed Rami me disait que sa famille préférait continuer vivre pauvre au Maroc que s’exiler dans une France dont l’ancienne génération déplore la décadence, l’inculture, le mépris des devoirs de l’éthique sexuelle, le libertinage et tant d’autres maux qui engendreront l’homme stupide, le zombie de la République Universelle.

Exilé en Suède, la droiture du peuple, l’insensibilité au mensonge des « yeux  bleus crédules » – selon le proverbe suédois –  lui faisait dire qu’il étaient musulmans sans le savoir, au contraire de ceux qui méprisent leurs ancêtres et ne songent qu’à aller chez le coiffeur ou le tailleur pour ressembler à celui qu’ils imaginent. Cet ancien officier des blindés, poursuivi pour régicide, devrait parler en chaire, et nous verrions nos amis mentionnés plus haut  dans l’assistance.

Pierre Dortiguier

Pierre Olivier

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