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Conférence du camp-école Jeune Nation du 14 juillet 2018 : Charles Maurras, le maître du nationalisme

Nous reproduisons ci-dessous la conférence donnée par François Ferrier, le 14 juillet 2018, sur Charles Maurras, à l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance, au cours du Camp École de Jeune Nation promotion Œuvre française.

 

CHARLES MAURRAS : LE MAÎTRE DU NATIONALISME

 

Charles Marie Photius MAURRAS est né le 20 avril 1868 à Martigues dans l’actuel département des bouches du Rhône. Il est le second fils de Jean Aristide MAURRAS percepteur très apprécié en Provence et de Marie Pélagie GARNIER très catholique. Le Frère ainé Romain est décédé à l’âge de deux ans quelques mois avant la naissance de Charles. Son Frère cadet – François Joseph Emile – en 1872 agrandira la famille.

En 1873, Charles est inscrit à l’école communale ou il s’illustre déjà dans les récitations de l’histoire sainte dans l’empire Romain. Mais le 3 janvier 1874 son père meurt. La Famille part alors s’établir à Aix en Provence et le jeune garçon entre alors au collège Catholique de la ville.

En 1879, premier prix de Latin, il est promu « élève d’honneur «. Il est passionné par les poèmes d’Alfred de MUSSET et les écrits de Frédéric MISTRAL. Le jeune MAURRAS à 14 ans est frappé de surdité et ne pourra pas rejoindre l’école navale ou s’était illustré son grand-père maternel. Cependant la providence l’amène à rencontrer l’abbé jean Batiste PENON – futur évêque de Moulin – latiniste et helléniste du diocèse. Cette rencontre va lui permettre d’exceller dans ces deux matières à son premier baccalauréat en 1884. Il est reçu premier en sciences et philosophie.

L’abbé PENON incite alors Charles MAURRAS à rejoindre Paris afin que ce dernier puisse s’exprimer dans des revues et journaux. La famille quitte Martigues et s’installe à Paris le 2 décembre 1885.

En 1886 Charles s’inscrit en histoire à la faculté des lettres de Paris. C’est un « bourreau « de travail : nombreuses lectures à la bibliothéque Sainte Geneviève, à l’Arsenal, et à la Sorbonne.

Ses premiers écrits seront pour les revues – La réforme sociale (170 articles jusqu’en 1891) – mais également – aux annales de Philosophie Chrétienne. Il déclare alors « l’unique mobile de ma vie est l’espoir de rencontrer la vérité ». Il n’a que 18 ans !!!!!

Son exigence de la certitude scientifique empêche Maurras de rencontrer la foi. 

 Tiraillé entre le travail de la raison et le désir de certitude religieuse, son agnostisme se renforce. Ne trouvant pas la foi, il trouve la paix intellectuelle dans la littérature et la poésie mais aussi dans l’histoire et la philosophie.

Pourtant en décembre 1887 il entre au quotidien catholique – l’Observateur Français comme journaliste littéraire. Il fait la connaissance de Frédéric MISTRAL puis de Maurice BARRES. Son amour infini pour sa Provence natale s’inscrit dans son cheminement Nationaliste.

Il se lie d’amitié avec Anatole France. Défendant culturellement la Provence il s’engage pour une politique de haute lutte qui vise à donner un destin à cette terre et à son peuple.

Lors du centenaire de la révolution Française en 1889, il dresse un bilan négatif de cette dernière et défend un programme fondé sur la famille, la hiérarchie sociale, la commune. Pour MAURRAS, avec la centralisation des pouvoirs, la République n’a pas fait des Français des citoyens mais des administrés.

Jusqu’en 1898, c’est dans la revue encyclopédique que Maurras livre la plupart de ses articles littéraires : Il chronique notamment Paul BOURGET, Gabriele d’ANNUNZIO, Marcel PROUST, Pierre LOUYS. Mais il fait aussi passer des articles dans « la libre parole » d’Edouard DRUMOND.

En 1894, il se rapproche du nationalisme en collaborant au journal « la Cocarde », de Maurice BARRES.

Cependant en 1895, MAURRAS amorce sa conversion au principe monarchique. Son patriotisme est viscéral. Il accepte ponctuellement de collaborer avec le journal royaliste : Le Soleil.

Du 8 avril au 3 mai 1896 la revue « la gazette de France » le charge de couvrir comme reporter les premiers jeux olympiques modernes à Athènes. Il revient convaincu que le régime monarchique rend plus fort les nations qui l’adoptent.

En avril 1898, Henri VAUGEOIS et Maurice PUJO fondent le « comité d’Action Française » qui ne compte aucun royaliste et vise en prévision des élections à instaurer une République patriotique conforme au nationalisme originel de la révolution. MAURRAS rejoint ce groupe qui se réunit habituellement au café de Flore à Paris.

En septembre de la même année il se range dans le camp des antidreyfusards. Il écrira en décembre à Maurice BARRES : Le parti de Dreyfus mériterait qu’on le fusillât tout entier comme insurgé. Le comité de L’action Française défend l’armée face à la menace que représente l’Allemagne qui a déjà infligé une défaite à la France en 1870 entrainant la perte de l’Alsace – Lorraine.

En 1899 MAURRAS rejoint la revue – l’Action Française – et déclare : Il faut convertir au Royalisme tous les Nationalistes Français, à l’heure ou le Nationalisme est associé au nom de DEROULEDE – la ligue des patriotes – et de BARRES – Nationalisme républicain et traditionaliste.

En 1905, Charles MAURRAS a alors 37 ans. Il fonde « la ligue d’action Française ». Il publie alors « L’avenir de l’intelligence » ou il met en garde contre le règne de l’argent et son emprise sur les intellectuels. C’est un manifeste pour la liberté de l’esprit, précurseur de Georges d’ORWELL (Le patriotisme Révolutionnaire) et de Georges BERNANOS (Les Camelots du Roi).

En 1909, MAURRAS publie « Enquête sur la monarchie » ou il se prononce pour une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée.

A la veille de la première guerre mondiale il s’oppose aux conséquences concrètes de l’utopisme pacifiste des socialistes et à l’irréalisme des internationaux (ceux que l’on nomme aujourd’hui les mondialistes). Il dénonce la faiblesse des budgets militaires.

Aussi dés la déclaration de la guerre en aout 1914, il appelle ses partisans à l’unité nationale. La grande guerre est pour Charles MAURRAS une période de développement de l’audience de son journal et de sa pensée. Le Président de la République Raymond POINCARE félicitera MAURRAS pour son ouvrage « Les trois aspects du Président Wilson – la Neutralité – l’Intervention – l’Armistice. Ce qui vaudra à son auteur d’être élu le premier mars 1925 le – Prince des écrivains- par les membres de « La Plume ». Il succède à Anatole France.

En 1918 MAURRAS réclame une paix Française qui serve au mieux les intérêts de la Nation. Il est pour la division de l’Allemagne et est contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Aussi il critique le traité de Versailles qui ne répondra pas à ses attentes.

La crise du 6 février 1934 ne pourra aboutir car les nationalistes non royalistes ne suivent pas l’action Française. Il note que l’armée, la police et l’administration n’ont pas été infiltrées, élément majeur pour un coup d’état afin de prévenir une guerre civile. Ce coup d’éclat profite finalement à Léon BLUM lynché par les partisans de l’action Française lors des funérailles de Jacques BAINVILLE le 13 février 1936.  Cette agression est imputée à Charles MAURRAS. Ce dernier sera condamné à quatre mois de prison ferme. Le gouvernement socialiste d’Albert SARRAUT dissous la ligue d’action Française, les Camelots du Roi et la fédération des étudiants d’action Française.

Charles MAURRAS réagit en déclarant qu’il faut abattre BLUM, ce dernier par ses agissements risquant d’entrainer la France dans la guerre. Le 21 juillet 1936 MAURRAS est condamné à huit mois de prison ferme, et est emprisonné à la Santé. Cette situation amène à ce dernier de nombreux soutiens dont le pape Pie XI ainsi que cent sénateurs et députés. A sa libération en 1937, un homage est rendu à MAURRAS au vélodrome d’Hivers avec 60.000 personnes, dont le général JOFFRE.

C’est au cours de son incarcération qu’il rédigera » Mes idées politiques ». J’y reviendrai plus après.

Le 9 juin 1938, Charles MAURRAS est élu à l’Académie Française. Il est reçu le 8 juin de l’année suivante par Henri BORDEAUX – romancier, catholique Royaliste. Mais le Président de la république Albert LEBRUN – centriste – refuse de le recevoir comme c’était d’usage.

Le Front populaire de BLUM persiste dans le social alors que l’Allemagne réarme. Maurras dénonce l’impréparation de notre armé face aux périls bolchéviques et des nationaux socialistes Allemands. Il écrit au général FRANCO pour le féliciter d’avoir vaincu les communistes et leurs brigades internationales. En France il soutien DALADIER qui a pris la décision d’interdire le parti communiste Français qui sabote l’effort de réarmement de la France. Pourtant après l’invasion de l’Allemagne en France, MAURRAS soutien le Maréchal PETAIN qui défend les intérêts du peuple Français.  Il déclare « La France demeure et n’a nul besoin de l’Angleterre et de l’Allemagne. Ceux qui les rejoignent sont des agents de l’étranger et il les appelle – le clan des YES et le clan des JA ».

Pour MAURRAS, la défaite est un bon résultat car elle aura permis de nous débarrasser des démocrates. Il déclare : PETAIN au pouvoir est une divine surprise. En septembre 1940, le maréchal lui demande sa conception de la révolution Nationale. Il lui répond « un bon corps d’officiers et un bon clergé », une position qu’il appelle – défendre l’héritage en l’absence d’héritier. Mais il soutient le régime de VICHY, non la collaboration. Quant à l’abolition du décret CREMIEUX, il se félicite de cette décision. Par hantise de la guerre civile, MAURRAS se proclame « antigaulliste » et qualifie les résistants de terroristes. Il exige des otages et des exécutions.

En 1944 il écrira : Si les Anglo – Américains devaient gagner la guerre, cela signifierait le retour des Francs-Maçons, des juifs et tout le personnel politique éliminé en 1940. Pour lui la – France libre – est manipulée par Moscou.

Après le débarquement Anglo – Américain en Normandie, il pense que le Maréchal PETAIN va pouvoir négocier avec ces nouveaux envahisseurs. Il salut la libération de Paris le 3 septembre 1944, mais est arrêté le 9 septembre par Yves FARGE – Préfet nommé par Michel DEBRE – et proche du parti communiste.  Il ne prendra connaissance de son inculpation que deux mois plus tard : Il est inculpé d’Intelligence avec l’ennemi. Une forfaiture, sachant que durant toute la guerre il n’accepta pas la domination Allemande et l’agression Anglaise.

Son procès commence le 24 janvier 1945.Malgré de nombreux témoignages en sa faveur – résistants et militaires – la cour de justice de Lyon Le 28 janvier 1945 déclare Charles MAURRAS coupable de haute trahison et d’intelligence avec l’ennemi et le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale. Il s’exclama alors : C’est la revanche de DREYFUS. Ce fut un procès politique car les communistes, les Francs-Maçons et les juifs voulaient éliminer de la France ce qu’ils appelleront le péril Nationaliste.

MAURRAS est exclu de l’académie Française, Mais son fauteuil restera vide à la demande de Georges DUHAMEL secrétaire perpétuel, aucun vote de radiation n’étant demandé. Il fait sept mois de prison à RIOM, pour marquer la revanche des personnes internées par le régime de Vichy – procès de Riom – dont le juif Léon BLUM et le radical de gauche Edouard DALADIER, l’Homme de Munich.

Puis il sera transféré à la prison de Clairvaux. Après six années d’une détention éprouvante, en Aout 1951 Charles MAURRAS est transféré à l’hôtel Dieu de TROYES avant que le 21 mars 1952 il bénéficie d’une grâce médicale accordé par le Président de la République Vincent AURIOL. Il est alors transféré à la clinique Saint Grégoire proche de TOURS. Il meurt le 16 novembre 1952 à l’âge de 84 ans., ayant reçu à sa demande les sacrements de l’église Catholique et Romaine.

Ecrivain, journaliste, homme politique Charles MAURRAS laisse une œuvre littéraire de référence. Mais revenons sur ses idées politiques.

 Il est le fondateur du Nationalisme Positiviste opposé au sentimentalisme de BARRES. MAURRAS considère la politique comme une science. Quel régime mieux que la monarchie peut incarner la continuité nationale. D’où la position centrale du nationalisme intégral. Une société ne peut exister ni être conçue sans qu’il y ait quelqu’un pour modérer les volontés de chacun de façon à ramener la pluralité à une sorte d’unité, et pour leur donner l’impulsion, selon le droit et l’ordre, vers le bien commun.

 Pour MAURRAS, il est vain de vouloir supprimer les inégalités. L’état doit se garder de prétendre à la tache impossible de les réviser et de les changer, c’est un mauvais prétexte que la « justice sociale » : Elle est le petit nom de l’égalité. Le Nationalisme Maurrassien se veut contre révolutionnaire, rationnel, réaliste.

La nation pour MAURRAS est une réalité avant d’être une idée.

Le nationalisme intégral, c’est la monarchie. Sans cette dernière la nation périra. Aussi la Monarchie est pour lui traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée.

L’origine de la révolution Française se trouve dans les « lumières » et à la réforme. Aussi pour MAURRAS la révolution a contribué à instaurer le règne de l’étranger et de « l’anti France « qu’il a défini comme les quatre états confédérés répartis en deux groupes :

Les protestants, les juifs et les francs-maçons – ce sont les étrangers internes – quant aux météques – ce sont les étrangers externes. Ces états confédérés ne font pas partie de la France Charnelle car ils défendent leurs intérêts avant celui de la France.

 D’ailleurs en 1911, MAURRAS qualifiera DRUMONT de Maitre Génial et de Grand Français qui pose la difficile question de l’antisémitisme d’état.  Ils conviendront que : Oui le juif de France est un microbe d’état qui opère en grand et en secret. Vérité prémonitoire encore plus présente aujourd’hui.

Cet homme de grande culture avait bien analysé l’état de la France et sa position dans une civilisation millénaire. Il décela les dangers qui menaçait la Monarchie. Tout d’abord en 1517 avec LUTHER, puis en 1717 avec l’avènement de la Franc – Maçonnerie et par la suite les soviets en 1917. Il décela également, après l’avoir soutenu, la perversité de l’Américain WILSON qui entendait vassaliser progressivement l’Europe Chrétienne et promouvoir le Sionisme. Sa mésentente avec Maurice BARDECHE, tenait du fait que MAURRAS n’avait pas supposé toute la perversité des Anglo – Américains dirigés par une classe politique protestante et juive.

Bardéche l’illustrera dans un ouvrage de référence en 1948 :

«  Nuremberg ou la terre promise » avec son poison shoahtique.

MAURRAS Germanophobe ne soupçonnait pas la lobotomisation du peuple Allemand après l’aventure Hitlérienne et instrumentalisé avec la comédie de Nuremberg.

En revanche il a vu dans le Maréchal Philippe PETAIN la mise en œuvre du nationalisme intégral pour construire une nation de type monarchique. Avec ses trois piliers fondateurs : Le Travail, la Famille et la Patrie.

Et cela dans l’Honneur et la Fidélité

 C’est le triptyque de la France éternelle défendu aujourd’hui par les Nationalistes Français face au mondialistes apatrides, mercantiles et agnostiques.

 

François FERRIER

Camp Ecole – L’œuvre Française.

Le samedi 14 juillet 2018

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Pierre Olivier

Commentaires (2)

  1. Italo Vernazza dit :

    Bravo pour un superbe résumé de la biographie ainsi que des principes de Maurras. Il sera difficile d’en dire plus en moins de mots.

  2. Paul HARRIS dit :

    Léon Degrelle qualifiait la France pétiniste de nationalisme de restriction.
    C’est un peu l’idée que l’on a en lisant cet article sur Maurras.
    Pour pousser plus loin la réflexion sur le nationalisme, le rôle des juifs qui obsède tant certains nationalistes on pourra lire l’article de Guillaume Faye paru en juillet 2018
    https://www.gfaye.com/interview-de-g-faye-par-gregoire-canlorbe/

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