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Militant N° 699 – L’U.E. fossoyeur de l’Europe

L’évènement est passé inaperçu dans les media occidentaux : le 27 novembre s’est tenue à Budapest une réunion entre 16 Etats d’Europe de l’Est ou PECO (Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Pologne, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Croatie, Slovénie, Slovaquie, Albanie, République tchèque, Macédoine, Monténégro, Lituanie, Lettonie, Estonie) et le premier ministre chinois Li Keqiang qui s’était déplacé en Hongrie à l’occasion du lancement des travaux de la nouvelle ligne ferroviaire Budapest – Belgrade – Le Pirée financée par Pékin, par suite de la carence de l’U.E.. Elle fait suite à une réunion similaire, mais tenue à Pékin en juin 2017.

Trois milliards d’euros leur ont été promis par les Chinois, le montant total des prêts à venir étant de 10 Mds € pour construire des autoroutes, des voies ferrées, des ports, des parcs industriels, des centrales électriques, des réseaux de fibre optique, un canal Danube-Oder-Elbe etc. La Chine développe ainsi son projet de la nouvelle Route de la soie pour obtenir, certes des avantages sur les plans économique et technologique, mais aussi et surtout la perspective d’avancer ses pions géopolitiques et stratégiques en Europe.

Evidemment, les technocrates de Bruxelles s’inquiètent de la situation. Mais que proposent-ils ? Ouvrir les frontières de l’U.E. au reste du monde. Dernière affaire en date : l’ouverture de négociations commerciales avec le Mercosur, ce marché commun sud-américain, pour mieux concurrencer nos agriculteurs, déjà mis à mal avec le traité commercial avec le Canada, le CETA, porte d’entrée des produits agricoles des Etats d’Amérique du Nord.

Que nous annoncent-ils ? Que l’invasion migratoire est nécessaire à notre développement économique et donc bénéfique ! Rappelons que le commissaire européen Moscovici, soutenu par son patron Jean-Claude Juncker se réjouissait, le 5 novembre 2015 que l’arrivée de « migrants » permettrait d’« augmenter le PIB de 0,2 à 0,3 % d’ici à 2017 ».  Les problèmes vitaux de civilisation ne les intéressent pas : seul comptent quelques misérables pouillèmes de croissance qui n’en sont même pas lorsque l’on sait que le PIB est une mesure de la dépense (même pour réparer ce qui a été cassé) et non pas de l’enrichissement d’un peuple. Le Juncker de service claironne que l’arrivée de millions de migrants en Europe est une question de salut et de survie pour le continent. En écho, outre-Rhin, l’anti-Allemagne de l’équipe Merkel, par une étude du Ministère allemand du travail, explique que l’Allemagne aura besoin de 1,5 millions de travailleurs immigrés d’ici à 2025…

Pas un de ces agents stipendiés du mondialisme ne viendra dire que ces travailleurs, il faut les trouver dans les berceaux de nos peuples et, à cette fin, mettre en place une politique nataliste. Mais pour cela, il faut nourrir les peuples d’Europe d’espérance et, pour commencer, magnifier leur histoire, leur tradition plus que millénaire, au lieu de passer son temps à se battre la poitrine des supposées vilaines actions des générations passées dans de suicidaires repentances. Un Macron qui qualifie la colonisation de « crime contre l’humanité » commet ainsi, à la suite de ses prédécesseurs, un « crime contre la France ».

Mais les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent : qui donc, ayant un peu de bon sens et de recul historique ne serait-il pas atterré de ce que l’on mobilise les pompes de l’Etat pour rendre un hommage national à un Johnny Halliday, élevé au rang de héros national alors qu’il n’a été qu’un sympathique saltimbanque à succès.

Lorsque l’on s’abandonne aux futilités et à l’instantané, lorsque l’on privilégie le pain et les jeux de cirque à l’effort, lorsque l’on réduit la personne humaine à un quantum d’énergie estimé en termes d’unités monétaires, au plus bas prix possible, comment peut-on penser l’avenir du continent européen sur le long terme en fonction de l’intérêt de la civilisation européenne et de celui de ses peuples constitutifs ?

Le fait que les Etats d’Europe centrale aillent rechercher le financement de leurs infrastructures en Chine montre à quel point l’U.E. est une structure hautement nuisible pour le monde européen. Tout Etat sain, toute structure étatique saine doit être en mesure de financer elle-même ses propres besoins, ses propres investissements.

A l’évidence, l’U.E. est incapable de créer de telles conditions. Et cela se comprend très bien. Lorsque les Etats abandonnent leur souveraineté monétaire et financière à des intérêts privés, à des consortiums bancaires apatrides et qui sont le bras armés d’officines ennemies des nations, il ne peut en être autrement. Au lieu de financer la richesse à venir, les Etats paient des agios mécaniquement exponentiels aux banquiers, s’endettant à 100 % et plus de leur PIB, la rémunération des actionnaires croît au détriment du travail salarié, les investissements productifs sont sacrifiés au profit d’une invasion migratoire inassimilable, comme c’est le cas en France où le coût en est estimé entre 42 Mds €dans le rapport Milloz de 1997 et 84 Mds€ dans l’étude d’André Posokhow de 2016.

L’Europe centrale a besoin d’équipements et d’infrastructures : des autoroutes et des lignes de chemin de fer à grande vitesse sont indispensables pour dynamiser l’Europe danubienne et renforcer les liaisons avec l’Europe carolingienne. Un canal reliant l’Oder au Dniepr est aussi nécessaire à ces contrées qu’un canal Rhin-Rhône ou Seine-Rhin en France : dans l’un et l’autre cas, l’antienne est la même « ça coûte trop cher ; on n’a pas de sous » ! D’ailleurs, que ce soit en France ou en Allemagne, les infrastructures se dégradent : il n’est que de penser à l’état des chemins de fer en France. En fait, nos « dirigeants », ces sicaires de la super classe mondiale, ont de l’argent pour tout, notamment trahir les peuples dont ils sont censés être les mandataires, sauf pour développer leur puissance et, tout simplement, éviter leur déclassement. Parasites, ils sont plus encore nos ennemis.

La Chine a très bien compris l’avantage à long terme qu’elle avait à retirer de l’incurie et de la trahison des pseudo élites occidentales. Conscient de ces problèmes, Vladimir Poutine ne cesse de demander aux Européens de participer à son projet de Grande Eurasie, évoquant la nécessité de coordonner une union économique eurasiatique dans laquelle, bien sûr, la Russie joue le rôle de chef de file. Une telle entente, fondée inévitablement sur des rapports de forces bien compris, contribuerait au rétablissement de la puissance vacillante des peuples d’Europe.

La restauration de notre souveraineté politique, et par suite financière et monétaire, est la condition indispensable, sans aborder ici la vitale nécessité d’une vital restauration spirituelle, pour faire en sorte que les peuples d’Europe restent maîtres chez eux et ne dépendent pas d’un tiers pays comme la Chine.

Éditorial de Militant n° 699

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Pierre Olivier

Commentaires (1)

  1. Un artésien dit :

     » Quand la Chine s’éveillera  » disait A.Payrefitte en 1973 , elle est désormais plus qu’eveillée et en pleine forme , puisque déjà , si l’on se penche simplement sur tous les biens mobiliers ( au sens large ) qui remplissent notre quotidien : Tout est  » made in china  » ! Le ver est dans le fruit ( bien mûr ) !
    Concernant les causes de cette invasion imminente , elles sont bien ciblées par les auteurs ,mais les  » veaux » en ont ils conscience : j’en doute ! ( com’d’hab , il leur faut le canon du fusil à deux doigts de leur face pour enfin réagir / et il est trop tard !)
    Au fait :  » Ali baba  » vient de pulvériser  » Amazon « 

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